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Céréales Les rendements moindres en maïs ne suffisent pas à faire remonter les prix

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Bientôt terminée, la récolte de maïs n’a pas apporté que de bonnes surprises. Certes, la qualité est au rendez-vous, mais les volumes déçoivent, particulièrement dans le Sud-Ouest. Et malgré une récolte inférieure aux premières prévisions, les prix ne remontent guère. A court terme, le marché est donc peu porteur. Toutefois, une embellie est envisageable en deuxième partie de campagne.

La récolte de maïs touche à sa fin. Dans le Sud-Ouest, Vivadour a réalisé 70 % de sa collecte, Maïsadour en est à 82 ou 85 %. « La moisson a bien avancé cette semaine, observe Patrice Mahieu, à la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantique. Dans le Béarn, elle est faite à 80 voire 90 % ». En Charente-Maritime, Syntéane en a terminé, comme Cérégrain dans l’Ain. En Alsace, « il nous reste encore 5 à 7 % à récolter », signale Dany Muller, responsable commercial du Comptoir agricole. Mais c’est uniquement parce que la coopérative rencontre des problèmes de dégagement dus aux basses eaux du Rhin. « Nous donnons des primes pour ne pas faucher tout de suite », précise le responsable.

Fortes baisses de rendement dans les terres légères du Sud-Ouest
Toutefois, à l’exception de l’Alsace où Dany Muller prévoit une moyenne de 113 à 114 q/ha en hausse de 4 ou 5 q/ha par rapport à 2008, les rendements apparaissent assez hétérogènes. Particulièrement dans le Sud-Ouest, où le temps très sec du mois d’août a pénalisé les cultures. « Les terres légères non irriguées connaissent une baisse de rendements de 20 à 25 % par rapport à 2008, une bonne année, estime Patrice Mahieu. En irrigué, les résultats sont meilleurs, mais pas aussi bons que l’an passé ». Vivadour prévoit une baisse de récolte de 25 %, tandis que chez Maïsadour, la récolte descendrait à 870 000 tonnes contre 915 000 tonnes l’an passé. « En maïs irrigué, les rendements sont en baisse de 10 à 12 % », note Michel Montet, directeur céréales du groupe. Même constat en Charente-Maritime. « Nous allons terminer avec un rendement moyen de 8,8 t à 9 t/ha, indique Philippe Ballanger, chez Syntéane. Notre déception concerne les maïs irrigués, qui font 10 t/ha contre 11 t/ha habituellement ».

Moins de frais de séchage
Si les volumes ne sont pas au rendez-vous, la qualité est bonne : peu ou pas de mycotoxine et une faible teneur en eau. « C’est extra », résume François de la Perrière, directeur des productions chez Cérégrain. Dans la coop, le taux d’humidité des grains descend à 24,5 % de moyenne contre 32,5 % en 2008. Sauf qu’« en maïs, la qualité n’est pas payée ! », regrette Franck Clavier, directeur de Vivadour. Avantage toutefois : la moindre teneur en eau des grains va permettre aux agriculteurs de réduire leurs frais de séchage. Pour Patrice Mahieu, ils tourneront autour de 10 euros/t au lieu de 25 euros/t. Ce qui permettra de réduire le prix de revient du maïs, élevé cette année en raison notamment de la hausse des prix de l’énergie. Tout compris, François de la Perrière estime à 90 ou 95 euros/t le coût de production pour un agriculteur obtenant un rendement moyen de 89 q/ha. Une dépense que ne couvrent pas pour l’instant les 92 euros/t de prix d’acompte versés par Cérégrain. Pour Franck Clavier, « compte tenu des rendements, il faut que l’agriculteur récupère 120 à 130 euros/t départ ferme pour rentrer dans ses frais ». Bilan : « A 123 euros/t rendu Bordeaux pour une livraison en novembre, il n’y a pas beaucoup de vendeurs », observe Michel Avry, chez Georget courtage.

Un potentiel de hausse de 10 à 15 euros/t
Dans l’ensemble, le marché est difficile. Abondant et peu cher, le blé concurrence sévèrement le maïs. Mais « peu d’affaires se sont traitées pendant l’été, signale Michel Avry. Les acheteurs vont donc finir par être obligés de se positionner ». Le maïs français peut tirer son épingle du jeu : au nord de l’Hexagone, les basses eaux du Danube handicapent l’arrivée du maïs est-européen, et sur la façade Atlantique, les droits de douane freinent encore les importations en provenance du Brésil ou de l’Argentine. Et puis les fondamentaux du marché mondial du maïs restent bons : « C’est la seule céréale pour laquelle la production ne couvrira pas les besoins », rappelle Bernard Pariente, chez Intercourtage Bayonne. Ce qui laisse le spécialiste plutôt optimiste : « Je pense qu’il y a un potentiel de hausse de 10 à 15 euros/t pour début 2010 ». De quoi laisser espérer des compléments de prix.

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