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Les « renégociations » commerciales 2022 ont porté leurs fruits

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Les industriels ont passé 16 % de hausse de tarifs entre mars 2022 et mars 2023, selon les résultats de l’Observatoire des négociations commerciales. Environ 7 % de cette évolution sont imputables aux « renégociations » en cours d’année.

Des hausses de tarifs importantes sont passées vers la grande distribution avec la réouverture des négociations commerciales en 2022. Fin mars, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, industriels et distributeurs s’étaient engagés à rouvrir leurs contrats afin de répercuter les fortes inflations liées au conflit et aux dommages de l’influenza aviaire dans la filière volaille. Dans beaucoup de cas, les renégociations ont mis du temps à s’enclencher et les industriels n’ont passé qu’une partie des hausses subies. Cependant, une partie de l’inflation a tout de même été répercutée, le plus souvent celle correspondant au coût de la matière première agricole (MPA). Entre mars 2022 et mars 2023, les prix des produits vendus par les entreprises agroalimentaires à la grande distribution ont augmenté de 16 % (1), selon les résultats de l’Observatoire des négociations commerciales annuelles, publié par le médiateur, le 24 mai. Sur cette hausse annuelle, 9 % sont à attribuer aux négociations commerciales annuelles, qui se sont tenues du 1er décembre 2022 au 1er mars 2023. Le reste a été renégocié avant la fin du mois de novembre.

L’Observatoire des négociations commerciales annuelles est élaboré par un groupe de travail réunissant des représentants de l’industrie et de la distribution autour du médiateur des relations commerciales agricoles, Thierry Dahan. À noter que seules cinq enseignes ont transmis leurs données, contre huit en 2022.

Des négos « globalement difficiles »

Les négociations commerciales annuelles ont été jugées « globalement difficiles, notamment dans le secteur de l’épicerie » en 2023, du côté des industriels comme des distributeurs. Les fournisseurs demandaient en moyenne des hausses de tarif de 14 %. Dans l’ensemble, les distributeurs ont estimé que leurs demandes étaient insuffisamment justifiées pour ce qui concerne l’énergie, les emballages et le transport, tandis que les industriels regrettent une prise en compte seulement partielle de la hausse de leurs charges.

Les discussions sur les tarifs ont largement pris le pas sur les enjeux de durabilité, comme le travail sur l’approvisionnement local, les questions environnementales ou l’information du consommateur. L’observatoire note que la « valorisation des actions relevant de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) […] peine toujours à rassembler industriels et enseignes » lors des négociations.

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Signe que les discussions ont été particulièrement tendues : le médiateur est intervenu dans huit dossiers – sur 70 saisines – portant sur les modalités de rupture de la relation des relations économiques. Une première. Dans l’incapacité de trouver un accord, les parties étaient demandeuses d’une médiation pour définir « la durée de la période de poursuite des livraisons (préavis), les volumes et les prix de cession pendant cette période », est-il précisé dans le communiqué.

Egalim 2 entre dans les habitudes

En ce qui concerne la mise en œuvre d’Egalim 2, les industriels et les distributeurs s’accordent à dire que « la prise en compte de l’évolution du coût de la matière première agricole s’est effectuée dans des conditions globalement satisfaisantes ». L’option 3 de transparence sur la MPA (recours à un tiers de confiance) reste privilégiée par 75 % des entreprises, mais l’option 2 (présentation de la hausse globale) progresse. Environ un quart des fournisseurs y ont recours.

Les contrats doivent, depuis les précédentes négociations, comporter des clauses de révision du prix de la MPA en fonction de l’évolution des prix de marché. Leur déclenchement est prévu une seule fois dans l’année dans environ 40 % des cas. Dans le reste des contrats, la moitié prévoit une révision séquencée (deux fois dans l’année), l’autre une révision certaine et une révision conditionnelle.

Les fournisseurs demandaient en moyenne des hausses de 14 %

Clauses déclenchées une fois dans l’année dans 40 % des cas