Inquiétudes chez les salariés du Cnasea. Un amendement, voté au Sénat le 9 novembre, au projet de loi d’orientation agricole, prévoit de transférer la gestion des aides du 2e pilier de la Pac, à la future Agence de paiement unique à partir de 2013. « Que vont devenir les salariés du Cnasea ? », a alerté le syndicat Sygma-FSU le 23 novembre, regrettant « l’absence de concertaton totale sur ce dossier avec les principaux concernés ».
«Que vont devenir le Cnasea et ses salariés ? », a alerté le syndicat Sygma-FSU le 23 novembre. L’amendement voté le 9 novembre par les sénateurs, dans le cadre de la loi d’orientation agricole, pourrait remettre en cause l’avenir du Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles (Cnasea) ou du moins de sa partie agricole, selon le syndicat. Le texte de loi, « soutenu par Dominique Bussereau », prévoit que les aides agricoles du second pilier (développement rural), actuellement gérées par le Cnasea, seront payées à partir de 2013 par l’Agence de paiement unique (APU), à l’instar des aides du 1er pilier (soutien à la production). L’APU doit prendre en charge à partir de 2007 la gestion des aides du 1er pilier, mettant déjà en question le rôle des offices agricoles.
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« Licenciements et mobilité forcée à prévoir »
« L’amendement a été voté sans aucun débat préalable et sans aucune concertation », a regretté le syndicat. Le Cnasea emploie près de 2 000 personnes, dont 45 % sont affectées à la partie agricole, le deuxième rôle du Centre étant la formation professionnelle. Avec la loi d’orientation agricole, le Sygma-FSU craint « des licenciements et une nouvelle mobilité forcée du personnel », après une décentralisation récente du Cnasea à Limoges. Le Syndicat a souhaité également tirer la sonnette d’alarme sur la précarisation constante des emplois au Cnasea, où se multiplient les CDD, « qui servent de variable d’ajustement aux budgets ». « Il y a environ 15 % de la masse salariale qui est composé de CDD renouvelés pendant plusieurs années», regrette Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. « Le personnel du Cnasea se trouve déstabilisé par l’absence de continuité dans la politique publique », a-t-il ajouté. Le syndicat devrait interpeller le ministre le 7 décembre, lors du prochain Comité technique paritaire, pour « demander des comptes » et n’exclut pas des journées d’action au cours du mois de décembre. « Des mobilisations conjointes avec les salariés des offices ne sont pas exclues », a confié François Toubin, secrétaire national du Sygma-FSU.