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Les satellites, à l'épreuve des nouveaux défis agricoles et environnementaux

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On ne compte plus le nombre de satellites mis en orbite autour de la Terre. Le dernier en date : le Sentinel 2B opéré par Airbus a décollé depuis Kourou dans la nuit du 6 au 7 mars. Objectif ? Doubler la collecte de données agricoles.

Le satellite Sentinel 2B, un des Sentinel du programme européen Copernicus de surveillance de la Terre, a été mis en orbite depuis Kourou, selon le Centre national d’études spatiales, dans la nuit du 6 au 7 mars (1). D'une durée de vie de sept ans, il a rejoint les 780 satellites opérationnels en orbite basse autour de la Terre (2), parmi lesquels son jumeau Sentinel 2A à 800 km d'altitude. L'objectif est de doubler la capacité de collecte de données agricoles utilisées par le service Farmstar d’Airbus (service d’agriculture de précision basé sur la télédétection). « Un second satellite Sentinel 2, ça va changer la donne », souligne David Hello, cofondateur de la start-up toulousaine Terranis (service de géoinformation en agriculture et en environnement). De fait, la fréquence de couverture de la surface du globe va augmenter. Le Sentinel 2A seul mettait dix jours pour repasser au-dessus d’un même point. Avec son jumeau, l’intervalle ne sera plus que de cinq jours. Ainsi, « la mise en orbite de ce deuxième Sentinel 2 va augmenter nos chances d’avoir des images sans nuages aux stades clés de la croissance des cultures », indique Amanda Veloso, agronome chez Airbus Defense and Space en charge du service Farmstar.

Sentinel 3A : des images de plus en plus riches

Plus encore, les images de notre planète collectées depuis l'espace devraient être de plus en plus précises. Le 3 mars, Airbus indiquait avoir élargi sa gamme de capteurs utilisés pour Farmstar et pour l’indice de production fourragère (utilisé pour les assurances prairies), grâce aux satellites Sentinel 2A et Sentinel 3A. Ce dernier, en fonction depuis janvier 2017, « offre des images d’une richesse plus importante » que celles acquises par le satellite Modis, précédemment utilisé mais arrivé en fin de vie.

Microcarb, un compteur de CO2 pour 2020

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Augmenter les volumes de données, améliorer leur richesse… et se lancer de nouveaux défis ! Le plus récent ? La lutte contre le changement climatique. Le 10 mars, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, devait se rendre à Toulouse pour assister à la présentation de la mission Microcarb. Le Centre national d’études spatiales (Cnes) précise que l’objectif est de « cartographier, à l’échelle planétaire, les sources et puits du principal gaz à effet de serre : le CO2. » L’idée est venue du constat qu'« on ne connaît pas aujourd’hui les quantités de CO2 absorbées ou émises dans certaines régions par manque de stations de mesures terrestres, ni comment elles varient au fil des saisons. » Pour pallier ce manque de données, la Nasa a lancé dès 2014 le satellite OCO-2. En 2020, le Cnes doit prendre la relève avec le lancement du satellite Microcarb. « Il pourra mesurer la teneur en CO2 sur l’ensemble de la colonne atmosphérique avec une grande précision », affirme le Cnes.

(1) http://www.esa.int/spaceinvideos/Videos/2017/03/Sentinel-2B_liftoff

(2) Selon l'association Union of concerned scientists, il y avait mi-2016, 1419 satellites opérationnels en orbite terrestre. Parmi eux, 780 sont sur des orbites basses (quelques centaines de km d'altitude), 96 à 20000 km d'altitude et 540  à 36000 km.

Le lancement de Microcarb, satellite compteur de CO2, est prévue en 2020 à 650km d'altitude. Sa durée de vie est de cinq ans.