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Coûts de l’énergie Les serristes obtiennent un premier plan d’urgence

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« Le ministre a pris conscience de l’ampleur du problème », constate-t-on à la fédération des producteurs de légumes (FNPL) dont la présidente, Angélique Delahaye, conduisait le 5 avril une délégation de serristes (légumes et horticulture) pour évoquer le problème des coûts énergétiques. Dominique Bussereau a décidé d’affecter une première enveloppe de 5 millions d’euros : 4 millions pour des aides conjoncturelles et 1 million pour financer des diagnostics énergétiques des entreprises.

Les serristes, horticulteurs ou maraîchers, ont vu leurs problèmes partiellement pris en compte. Avec un premier budget d’urgence de 5 millions d’euros, ils ne sont pas repartis « les mains vides » de leurs rencontres au ministère. Le ministre de l’Agriculture se serait engagé à abonder l’enveloppe d’aides « en tant que de besoin », les 5 premiers millions ne représentant « qu’une première aide d’urgence », destinée à donner un ballon d’oxygène pour que les entreprises maraîchères et les horticulteurs puissent s’adapter. Le problème est en effet de donner les moyens, dans un premier temps, de payer les factures énergétiques qui doivent la plupart du temps être réglées « au cul du camion ». A plus long terme, pour s’adapter et maîtriser leurs dépenses énergétiques, les entreprises auront notamment accès à des aides à l’investissement de 12 millions d’euros (dont 6 de l’Union européenne) leur permettant d’optimiser leurs équipements énergétiques. Un calendrier de rendez-vous a été calé avec le ministère pour suivre l’évolution de ces adaptations et la situation des maraîchers et horticulteurs.

Les adhérents de Savéol se préparent à « changer d’énergie »

Jean-Claude Le Gall, président de la coopérative Savéol (Plougastel-Daoulas, Finistère), une des premières coopératives de production de tomates, déclarait, jeudi 6 avril, que les producteurs pourraient être « contraints de changer d’énergie».

Les 115 serristes adhérents étudient avec attention les études réalisées en interne pour comparer le coût énergétique du m2 de serre par an. Selon Jean-Claude Le Gall, ils montrent que « le prix du gaz (80 % des serristes Savéol), reviendra cette année à 11,50-12 euros (8 euros/m2 en 2005), puis à 14-15 euros en 2007. Le fuel lourd coûtera cette année 15 euros le m2 ».

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Comme ressources de substitution, Savéol évoque le charbon (7,50 euros/m2 chez un producteur Savéol), le bois (6-7 euros) ou encore la cogénération (8,50 et 6,50 euros chez 2 producteurs). La cogénération consiste à produire de l’électricité et de la chaleur à partir d’une seule source d’énergie. La coopérative bretonne peaufine ses études pour chiffrer précisément les investissements.

En attendant, elle recommande la généralisation des écrans thermiques qui permettent d’économiser l’énergie. Jean-Claude Le Gall estime que le plan serre présenté le 5 avril au ministère de l’Agriculture donne « des perspectives ».