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Les spiruliniers bio veulent des intrants d’origine animale

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La spiruline cultivée en France est rarement bio en raison de l’interdiction de recourir aux déjections animales. Le syndicat professionnel demande un changement du cahier des charges.

Le député David Magnier (RN, Oise) a adressé le 23 décembre une question écrite à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur l’interdiction faite aux producteurs de spiruline bio d’utiliser des intrants d’origine animale. « Cette interdiction découle directement du règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques, dont les annexes encadrent la production des algues et microalgues », écrit-il. Le député veut savoir si le gouvernement entend demander à Bruxelles « d’adapter le cadre réglementaire bio applicable à la spiruline » et « d’envisager la création d’un cahier des charges européen spécifique à ces productions ».

Cette demande est une des revendications de longue date du Syndicat des spiruliniers de France (SPF), qui a envoyé en juin 2025 un courrier aux députés français afin de les sensibiliser. Le cahier des charges appliqué à la spiruline est celui des algues marines, alors que le syndicat refuse ce classement. La spiruline est une microalgue cultivée en bassins fermés, ce qui n’est pas le cas des algues marines.

Des sources d’azote insatisfaisantes

Les producteurs ne peuvent pas obtenir le label bio s’ils utilisent des intrants d’origine animale. Or, ces derniers, sous forme de « nutriments à partir de déjections animales (flamants roses entre autres) », selon le SPF sont bien présents lorsque la spiruline se développe dans le milieu naturel. Certes, des sources alternatives d’azote sont possibles. « Les sources d’azote minérale comme le nitrate du Chili ou végétales comme les résidus de soja ou de canne à sucre ne nous satisfont pas du tout », explique Hugo Beaudet, co-président du SPF et producteur en Loire-Atlantique. Elles sont jugées insatisfaisantes par le SPF, qui défend une production locale, paysanne et si possible biologique.

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Pour le syndicat, cette interdiction est l’un des principaux freins à l’obtention du certificat AB, alors même qu’en vertu du régime d’équivalence en vigueur au sein de l’UE, les producteurs bio des Etats-Unis, de Chine et d’Inde peuvent utiliser ces intrants animaux et exporter vers l’UE. Le SPF déplore une production locale bio freinée par cette réglementation alors que 80 % de la spiruline utilisée en France est importée de ces principaux pays producteurs. Selon le SPF, « 183 entreprises françaises de spiruline sont aujourd’hui répertoriées, produisant environ 200 tonnes de spiruline par an (poids frais) ». Les producteurs français de spiruline se répartissent entre le SPF qui regroupe environ la moitié d’entre eux, devant l’Association de développement aquaculture spiruline et microalgues en Europe (Adasmae).

CB

« 183 entreprises françaises de spiruline sont aujourd’hui répertoriées »