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Analyse prospective Les stratégies d’action pour valoriser la prairie et culture fourragère de demain

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A l’occasion des 50 ans de l’AFPF (Association française pour la production fourragère) le 10 décembre, de nombreuses stratégies d’action pour l’avenir de la prairie et culture fourragère ont été suggérées.

«J’en ai marre que l’on compare la production de viande bovine (française) aux feed-lots américains », a expliqué Luc Guyau, président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) lors des 50 ans de l’AFPF (Association française pour la production fourragère). Une manière d’expliquer que l’élevage de ruminants en France est largement basé sur l’utilisation du système de prairies et de culture fourragère. Or, ce système connaît, en France, des limites. La perte de confiance des consommateurs de viande suite aux crises sanitaires contribue à un plafonnement de la consommation. De plus, la filière a quelques difficultés en matière de compétitivité. L’anniversaire de l’AFPF était donc l’occasion de révéler différents travaux prospectifs et surtout les diverses stratégies pour l’avenir, en adéquation avec un système « écologiquement intensif », selon l’expression de Michel Griffon.

« Climat, climat, climat »
L’évolution des prairies et de la culture fourragère devra tenir compte du « Climat, climat, climat », selon les mots de Christian Huyghe, directeur de recherche au département Génétique et Amélioration des plantes de l’Inra. Le climat social en matière d’emploi d’une part, le climat économique dépendant du cadre réglementaire et enfin le climat biophysique, à savoir les conséquences du changement climatique. « L’innovation jouera aussi un rôle important, et pas uniquement technique », a expliqué Christian Huyghe. Des développements de technologies devraient voir le jour. Mais pas seulement car l’amélioration des espèces utilisées est aussi une des composantes de l’innovation à l’avenir.
A partir de ces constats, Christian Huyghe a suggéré trois choix à opérer pour les prairies et culture fourragère du futur. Le premier consiste à redonner une place plus grande aux légumineuses, dont l’avantage est la fixation d’azote. En tenant compte du critère écologique et de la crainte de raréfaction de l’eau durant l’été, il a toutefois noté que le maïs risque de céder du terrain dans les régions du sud de la Loire au profit des espèces comme le sorgho pour lequel des types spécialement développés pour l’ensilage pourraient voir le jour.
Dans une optique de réduction des coûts de production dans les prochaines années, il serait important, selon le scientifique de l’Inra, d’accroître la ressource fourragère à partir de la prairie grâce aux choix des espèces et variétés et l’amélioration de la conduite du pâturage.
Enfin la stratégie doit aussi s’adapter en amont. Il propose ainsi un cursus de formation de l’enseignement agricole qui consacrerait une plus grande importance à la prairie : « On doit adopter les formations à l’objet et non l’inverse ».

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