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Tournesol Les traitements contre le taupin ne sont pas justifiés, selon le Cetiom

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Cela fait vingt ans que l’on dit aux agriculteurs qu’il faut traiter contre les taupins sur le tournesol. Or, le Cetiom affirme aujourd’hui que ce traitement n’est justifié que dans des situations très particulières et très rares, alors qu’aujourd’hui, 50 % des parcelles sont protégées. Explications.

Encore sur cette campagne, 50 % des surfaces de tournesol en France reçoivent une protection contre le taupin, en grande majorité à l’aide du traitement de semences Régent TS. Pourtant, le Cetiom, institut technique des oléagineux, affirme que les risques d’attaques de taupins sur tournesol sont rarissimes. Le tournesol n’est pas une culture "appétente" pour les taupins, contrairement au maïs, aux cultures légumières (pomme de terre, carotte) ou à la betterave. De plus, c’est une plante qui est capable de compenser des fortes pertes à la levée (20 % de perte de pieds peut être totalement compensé, sans perte de rendement). Un traitement spécifique ne se justifie donc pas dans la grande majorité des parcelles de tournesol cultivées aujourd’hui en France. Des attaques de taupins ne peuvent se produire que dans des situations très particulières : si la parcelle a subi des dégâts avérés de larves de taupins au cours des cinq années précédentes, ou si la parcelle a reçu pendant au moins deux ans soit une prairie ou une culture fourragère, soit une jachère sans aucun travail du sol. Très peu de parcelles de tournesol en France répondent à ces critères.

Autosuggestion

" Rien faire n’est donc pas un risque important", insiste Fabien Lagarde, directeur du département expérimentation et développement du Cetiom. " Cela fait 20 ans que l’on dit aux agriculteurs qu’il y a un risque de taupins sur tournesol et tout le monde s’en est convaincu, ajoute-t-il. C’est de l’autosuggestion". Alors, pourquoi le Cetiom ne s’est-il pas exprimé plus tôt sur ce sujet ? " Nous n’avons jamais pu mesurer de façon expérimentale les pertes de rendement sur tournesol, ni faire du suivi de parcelles atteintes par le taupin, tout simplement parce que ces parcelles sont rares, se justifie-t-il. La conviction que nous avons ne repose que sur des données d’experts, c’est-à-dire les ingénieurs du Cetiom". Elle est donc soumise à critiques. Cela n’était pas suffisant pour casser un marché bien installé. Aujourd’hui, les choses ont évolué. Et le Cetiom est bien décidé à mettre en place des suivis de parcelles qui confirmeront sans ambiguïté cette conviction.

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Voir site internet :

http://www.cetiom.fr/CTMSite/page/technique/sommairef.htm