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Bilan des vendanges Les vendanges 2012 révèlent une baisse en volume, et des prix en hausse

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Le millésime 2012, avec un volume de 40,6 millions d’hectolitres de vin et eaux-de-vie, représente une baisse de 20%, mais la qualité sera au rendez-vous, et les prix seront orientés à la hausse. C’est ce qu’a indiqué la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF), le 25 octobre, lors de son traditionnel « bilan des vendanges ».

Alors que les dernières vendanges françaises viennent de se terminer, les vignerons coopérateurs de France, que représente la CCVF, ont annoncé une production vinicole en repli de 20% en France. Un repli plus important que celui qui était annoncé fin août par le ministre de l’Agriculture. Alors que Stéphane Le Foll avait annoncé 42,5 millions d’hectolitres (Mhl) il y a deux mois, le bilan s’est aggravé depuis, la production n’étant plus que de 40,6 Mhl, selon la CCVF.
 
Partout un printemps pluvieux, des maladies, puis la canicule
Mais les résultats sont hétérogènes selon les vignobles, a indiqué Boris Calmette, président de la CCVF : -3% seulement en Alsace, mais -40% en Champagne et -30% en Bourgogne et dans le Beaujolais.
En Alsace, les températures élevées d’août ont limité la pression du mildiou et de l’oïdium sur les vignes tandis que les températures plus fraîches en septembre ont laissé les grains de raisins mûrir « sereinement ».
En Val de Loire, la production, en retrait de 22%, recouvre des situations très diverses, le repli allant de 15 à 40% selon les vignobles. Le muscadet a des rendements « très inférieurs à une année normale », mais génèrera « un produit remarquable », a souligné Boris Calmette.
Dans le Bordelais (-10% par rapport à l’an dernier) le déficit de pluies de l’hiver, puis le gel en février, puis les pluies au moment de la floraison et la canicule au moment du développement des baies ont réduit la production. Résultat : alors que l’Aquitaine a produit 600 000 hectolitres de vin sans IG (indication géographique) l’an dernier, cette production n’atteindra que 200 000 hectolitres.
Mêmes effets néfastes du gel, des pluies, de la canicule, toujours à contretemps, en Bourgogne et Beaujolais (-30%), mais avec en plus la maladie du bois, qui affecte la vigne, et avec des épisodes de grêle à plusieurs reprises.
Le vignoble champenois a, quant à lui, particulièrement souffert des gelées en avril et en mai, tandis que la grêle a ravagé mille hectares.
En région méditerranéenne, la situation est très variable, entre les -10% dans les Bouches-du-Rhône et les -35% dans les Pyrénées Orientales. Le Var, avec -20%, a été fortement touché par la grêle, en plus des phénomènes de coulures lors de la floraison, dus au printemps pluvieux.
 
Le marché du vin sera tendu en 2012 
La récolte de Midi-Pyrénées devrait être inférieure de 10 à 15% à celle de 2011, pour les mêmes raisons que celles citées plus haut. Mais les premières dégustations des cuvées 2012 confirment le « beau potentiel de ce millésime », tant pour les vins blancs (fraîcheur, fruit) que pour les vins rouges (couleur, structure, fruit), a commenté Francis Terral, président de la section viticole de Coop de France Midi-Pyrénées.
La récolte étant faible aussi dans l’UE (-11,6%), alors que la consommation mondiale est stable voire en progression, « le marché du vin sera tendu en 2012 », estime par ailleurs le président de la CCVF. Les moûts concentrés rectifiés (MCR), qui servent à élever le degré d’alcool de certains vins, achetés en Espagne, seront moins disponibles sur le marché, l’Espagne « ayant du mal à en produire ».
Le prix du vin du Languedoc, rouge IGP, en mention de cépage merlot, devrait s’élever à 80 euros l’hectolitre sortie cave, contre 73 euros pour le millésime 2011.

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