Les expéditions de champagne connaissent un fort rebond, dopées par l’après-Covid. Cela coïncide avec une vendange 2022 « qualitative et quantitative », se réjouissent les vignerons du SGV.
« On a eu très peur de la crise Covid en se disant : “Les gens vont arrêter de consommer du champagne” […] Ç’a été peut-être l’effet inverse » pour ce vin répondant à une tendance de « plaisir accessible », a déclaré le président Maxime Toubart, lors d’une conférence de presse le 6 octobre. Les expéditions de champagne marquent un « fort rebond » en 2021, avec 322 millions de bouteilles (contre 244 M en 2020, 297 M en 2019). Elles restent bien orientées sur les huit premiers mois de 2022, supérieures (en glissement annuel) de 9,2 % par rapport à 2021 et de 15,5 % par rapport à 2019. C’est l’export (55 % des ventes) qui fait figure de locomotive, avec des expéditions en hausse de 13 % sur la même période, comparé à 2021, et de 26,7 %, comparé à 2019. Tous les opérateurs, vignerons, coopératives et négoces, voient une progression de leurs ventes. Aux États-Unis, ça « explose en termes de consommation », cite notamment Maxime Toubart. La croissance du champagne est moins soutenue en France, débouché sur lequel les expéditions grimpent (en glissement annuel) de 3,5 % entre janvier et août 2022.
Des réserves en reconstitution
Interrogé sur les volumes disponibles, Maxime Toubart rassure : « Il n’y a pas de pénurie » de champagne. Le vignoble affiche un rendement 2022 entre 14 000 et 15 000 kg/ha. Sachant que le rendement commercialisable est de 12 000 kg/ha, une reconstitution de la réserve collective est annoncée. À titre exceptionnel, le rendement butoir est porté à 16 500 kg/ha (+ 1 000 kg/ha). Le 8 septembre, l’Inao a en effet donné son feu vert pour déplafonner le rendement en vins d’appellation. Objectif : « Profiter d’une belle récolte 2022 », comme c’est le cas « particulièrement en Champagne et une partie de la Bourgogne », pour « reconstituer au plus vite les réserves entamées en 2021 », expliquait à Agra Presse Christian Paly, président du comité national des vins AOC.
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Cette vendange de l’été 2022, la septième entamée dès août depuis 2003, promet d’être « extrêmement qualitative et quantitative », comme celles de 2002 et 1982, considère Laurent Panigai, directeur général du syndicat. « Beaucoup de grandes années sont issues de volumes importants » qui permettent aussi aux vignerons de reconstituer leurs réserves, largement entamées l’an dernier pour compenser les pertes liées au gel, au mildiou et à la grêle, précise-t-il. Si la Champagne n’a pas été épargnée par la sécheresse historique de l’été, les pluies « ont jalonné le cycle au bon moment ». À la faveur d’un ensoleillement exceptionnel, l’état sanitaire s’est montré optimal et « de beaux degrés, une bonne tenue de l’acidité » augurent un millésime « solaire ».