Tombées à 74 500 tonnes en 2003, les ventes de produits phytosanitaires ont repris une courbe ascendante pour atteindre 78 300 t en 2005, selon les industriels de la protection des plantes (UIPP). Alors que les ventes de cuivre et de soufre reculent depuis plusieurs années, celles des produits de synthèse ont repris le chemin de la hausse.
En 2005, les fabricants de produits phytosanitaires ont vendu 78 300 tonnes de substances actives en France, confirmant la légère hausse entamée en 2004. Une embellie commerciale qui se retrouve dans les résultats des firmes : établi à 1,66 milliard d’euros en 2003, le chiffre d’affaires des industriels de la protection des plantes est passé à 1,79 milliard en 2004 et 1,87 milliard en 2005 (+5,4%). L’augmentation des surfaces cultivées en céréales et colza, a profité aux fongicides (+10%). Quant aux herbicides et insecticides, la croissance a été plus modérée, indique l’UIPP. Cette reprise des ventes rompt avec la baisse enregistrée depuis l’an 2000 et qui avait vu – pour la première fois en 25 ans – les tonnages commercialisés passer au-dessous de la barre des 75 000 tonnes (en 2003).
« Effet ciseaux »
La hausse des ventes globales de substances actives n’est pas la seule nouveauté de ce bilan 2005. Il confirme que la part des produits de synthèse va croissante alors que celle du cuivre et du soufre se réduit. De l’ordre de 53 500 tonnes en 2003, les ventes de produits de synthèse sont ainsi passées à 57 300 tonnes en 2004 et 60 600 tonnes en 2005. En sens inverse, la commercialisation de cuivre et de soufre est passée de 31 700 tonnes en 2001 à 17 700 t en 2005.
Au total, et en moyenne nationale, le volume de produits phytosanitaires vendu par hectare cultivé est de 4,3 kg, en progression de 100 grammes/ha sur les trois dernières années, selon les calculs qu’Agra Presse a réalisé à partir des données de l’UIPP et des statistiques sur les surfaces agricoles du ministère de l’Agriculture (voir tableau). A titre de comparaison, ce volume était de 5,5kg/ha en 2001. Autre fait notoire, les agriculteurs dépensent depuis deux ans davantage d’argent pour traiter leurs parcelles. Alors que la vente de phytosanitaires s’élevait à 91,9 euros/ha cultivé en 2003, elle est passée à 98,4 euros en 2004 et 103 euros en 2005.
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Vers une baisse en 2006 ?
Pour ce qui est de la campagne 2005-2006, les industriels de la protection des plantes s’attendent à une baisse des ventes. Les fabricants constatent en effet un recul de 8% des tonnages commercialisés entre octobre 2005 et mai 2006, par rapport à l’an dernier. Toutes les catégories de produits sont touchées : fongicides (-8,4%), herbicides (-6,8%), insecticides (-16%) et traitements de semences (-11%). A l’échelle de l’année, les industriels tablent sur un recul global de 6% des tonnages vendus. Plusieurs explications sont avancées, parmi lesquelles les conditions météorologiques. Celles-ci n’ont pas été favorables au développement des maladies ces derniers mois explique Vincent Gros, vice-président de l’UIPP et président de BASF-Agro France. « L’hiver et le printemps ont été marqués par de nombreux à-coups climatiques, avec des périodes de froid, de redoux, de pluies, de vent, de chaleur, etc. Les agriculteurs n’ont pas pu traiter comme ils auraient pu le faire» indique t-il. Parmi les autres facteurs d’explication avancés par l’UIPP : la présence de stocks de produits phytosanitaires chez les distributeurs, ainsi que l’utilisation raisonnée des intrants par les agriculteurs.
Le futur rôle de l’Afssa
Sur les dossiers réglementaires, l’UIPP s’est dite particulièrement attentive à l’évolution du dispositif d’évaluation des risques tel qu’il est prévu par la Loi d’orientation agricole adoptée en janvier 2006. La loi prévoit en effet de transférer à l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) l’évaluation des risques liés aux pesticides, une mission qui incombait jusqu’ici au ministère de l’Agriculture (DGAL). Un décret, attendu pour le début du mois de juillet, doit préciser la durée des différentes phases d’homologation. Les industriels s’inquiètent du futur coût de dépôt des dossiers d’homologations (« ça va certainement augmenter ») ainsi que des incertitudes liées à la phase de transition. Concernant le projet de loi sur l’eau, dont la seconde lecture pourrait intervenir à l’automne, les industriels de la protection des plantes redoutent des taux de redevance « très pénalisants » pour l’arboriculture, la viticulture et l’horticulture. Ils demandent que les agences de l’eau harmonisent entre elles les taux de redevance « pour éviter les mouvements de produits » entre régions.