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Charges Les vignerons de Champagne pourraient revenir sur la non-mécanisation

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Les vignerons de Champagne pourraient revenir sur la non-mécanisation de la vendange, qui est jusque-là un principe, cela en raison des hausses des charges sociales. Lors de l’assemblée générale du Syndicat général des vignerons de Champagne (SGV-C), qui s’est tenue le 5 novembre, ils se sont interrogés sur ce choix historique, les progrès de la robotisation offrant de nombreuses possibilités.

«L’effet (de la hausses des charges sociales) est si dissuasif que notre région, qui a toujours fait le choix de vendanges manuelles, s’interroge aujourd’hui très sérieusement sur la mécanisation de la vendange », a déclaré Pascal Férat, président du SGV-C, devant plus de 600 vignerons, à l’assemblée générale du syndicat à Épernay. Pour l’occasion, le syndicat a choisi d’aborder un seul thème : la loi d’avenir agricole.
 
Technologie : les Champenois y mettront le temps, mais ils y viendront
« Notre région compte près de 8 000 employeurs de main-d’œuvre. Ils ont la particularité de payer “plutôt mieux”, avec une main-d’œuvre permanente rémunérée 11 % de plus que la moyenne nationale, des salariés en CDD payés 20 % de plus et des dispositions avantageuses pour nos saisonniers, qui bénéficient d’une indemnité de fin de contrat à hauteur de 10 % du salaire brut total », a indiqué Christophe Pernet, président du Groupement des employeurs de main-d’œuvre de Champagne.
Les professionnels savent que les progrès de la technologie ont un potentiel quasi infini. Actuellement, l’appellation du Champagne impose que les raisins restent sur la grappe au lieu d’être égrénés. Demain, une machine pourrait s’adapter à cette contrainte. « Ici, les producteurs regarderont à deux fois avant d’adopter une machine innovante, ils mettront peut-être dix ans au lieu de cinq, mais ils y viendront s’ils l’ont décidé », a-t-on commenté dans l’entourage de Pascal Férat.
 
Deux propositions pour conforter l’emploi
Néanmoins, pour l’instant, le SGV entend exploiter le levier « loi d’avenir agricole» pour faire valoir sa proposition qui va dans le sens des objectifs affichés par le gouvernement : favoriser l’emploi. Pour cela, il propose de sortir du système de plafond des exonérations. En effet, les vignerons de Champagne payent aux saisonniers vendangeurs une indemnité de fin de contrat de 10 % (et sont les seuls à le faire, rappellent-ils). Mais ce bonus accordé se retourne contre eux : avec ce supplément de rémunération, les salaires passent au-dessus des seuils permettant de continuer à bénéficier d’exonérations de charges patronales.
Il suggère également le gouvernement donne au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi « sa pleine efficience pour les petites entreprises agricoles et viticoles ».

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