La Mutualité sociale agricole a effectué un bilan de deux années d’observations (2002-2003) de son réseau de toxicovigilance, nommé Phyt’attitude, qui porte sur 238 dossiers pour les deux années. Les agriculteurs travaillant dans les céréales, la vigne et les fruits et légumes sont les plus exposés aux troubles liés aux pesticides.
Selon une synthèse des observations faites par le réseau de toxicovigilance de la MSA en 2002 et 2003, 82 % des signalements de malaises liés aux pesticides concernent des hommes, et 74 % concernent des salariés agricoles. Pourtant, « les exploitants sont les plus nombreux à être exposés aux produits phytosanitaires », relève la MSA. Les services de santé et de sécurité ne sont habilités à intervenir en matière de prévention des populations agricoles non salariées que depuis le 1er avril 2002, ce qui n’est pas encore suffisamment connu. La MSA attend des signalements plus fréquents de la part des exploitants agricoles grâce à la mise en place du numéro vert depuis février 2004 (N° Vert 0 800 887 887).
Troubles cutanés et digestifs
Les troubles les plus fréquemment constatés sont des troubles cutanés (irritations brûlures, prurits) dans 25 % des cas signalés, et des troubles hépato-digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives) dans 23 % des cas. Les autres symptômes sont des troubles ophtalmologiques (15 %), des problèmes neuromusculaires (11 %) tels que des maux de tête et des vertiges, des troubles respiratoires (11 %) ou ORL (9 %). Tout cela a conduit à un taux d’arrêt de travail supérieur à 25 % pour les salariés agricoles et à un taux d’hospitalisation supérieur à 12 % pour l’ensemble des individus.
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Les productions les plus à risques
Le réseau de la MSA a réalisé une analyse précise des circonstances d’exposition qui ont provoqué le malaise. Les signalements concernent majoritairement les vignes (20 %) et les céréales (16 %). « Bien que les vignes aient une surface cultivée dix fois moins importante que les céréales (858 000 hectares contre 9,176 millions d’hectares en 2002), elles nécessitent une utilisation de produits phytosanitaires en plus grande quantitié. De la même façon, les cultures fruitières et légumières, avec seulement 192 000 ha, totalisent 20 % des signalements. L’incident se produit le plus fréquemment lors de l’application du produit (47 %) ou lors de la préparation du produit (18 %) ». Selon l’avis de l’enquêteur après entretien avec la personne atteinte, la protection individuelle des utilisateurs pendant la manipulation des produits était absente dans 56 % des cas et partielle dans 29 %. « Même le port de gant, équipement moins contraignant que le masque, semble se heurter à des problèmes techniques, sociologiques et économiques », constate la MSA.
Dans la répartition des signalements, les insecticides et les acaricides sont les plus représentés avec 33 % des cas, puis les fongicides (31 %) et enfin les herbicides (23 %). Plus de 35 % des dossiers font apparaître un mélange de produits.