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Vin Les vignerons indépendants demandent des mesures d’urgence

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Les Vignerons indépendants de France (VIF) ont fait part de leur inquiétude pour l’avenir lors d’une conférence le 7 septembre à Paris. Ils ont demandé aux pouvoirs publics que cesse une gestion « à l’année » du monde viticole et proposé des mesures d’abord pour faire face à la conjoncture, ensuite pour redonner sa compétitivité à la viticulture française.

La conjoncture est inquiétante selon les VIF, car tous les paramètres de la crise sont là. Une baisse des exportations ainsi que de la consommation intérieure et de stocks élevés en vins de qualité. La récolte qui s’annonce va certainement alourdir encore le marché car elle est en hausse dans l’UE, tant en France qu’au Portugal (+ 4% à 7,5 Mhl), en Italie (+8% à 49 Mhl) et en Espagne (+ 8% à 50 Mhl). Sans attendre que la situation des entreprises ne s’aggrave (de 600 à 800 exploitations seraient déjà en difficulté dans le Bordelais), les VIF demandent en urgence des mesures pour faire face à la crise qui se dessine. Ils demandent que soit encouragée la production « non-vin » (moût concentré, moût concentré rectifié, jus de raisin) dans toutes les régions viticoles et que soient affectés 10 hl/ha supplémentaires (au-delà des rendements existant en vin de table et en vin de pays) pour l’élaboration de ces produits. Ils préconisent également le recours « massif » à la distillation article 29 de l’OCM (distillation d’alcool de bouche) jusque-là surtout utilisée par l’Espagne et l’Italie. Enfin, ils demandent « un examen responsable par l’Onivins des demandes de rendements 2004 ».

Las des décisions de dernière minute qui ne permettent pas de prévenir les crises, les vignerons indépendants ont insisté sur la nécessité que « les mesures de chacune des campagnes ne soient pas décidées la veille des vendanges mais bien en amont de celles-ci » et qu’une « vraie orientation de la politique viticole soit donnée en début de chaque année ».

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« Un pacte de stabilité viticole français »

Sur un plan structurel, les VIF proposent la création d’un « pacte de stabilité viticole français » qui s’imposerait aux bassins de production dont le nombre et les contours restent à définir. Ils s’appuieraient sur deux piliers. D’une part, un programme de stabilité viticole qui déterminerait différents objectifs à maîtriser, tels que les volumes de production (variations conjoncturelles possibles), de stockage... afin de maintenir un équilibre au niveau du bassin et au niveau national. D’autre part, un deuxième volet pourrait définir les mesures applicables aux bassins qui ne respecteraient pas les critères d’équilibre fixés par le programme. Passé un délai (d’un an par exemple) pour le rétablissement de la situation, l’Etat pourrait intervenir en imposant des mesures de type arrachage, distillation... Un pilotage national assurerait une cohérence dans les décisions prises. Ces propositions devaient être présentées fin août au ministre de l’Agriculture qui a annulé son rendez-vous. Elles devraient être exposées bientôt à Nicolas Forissier.