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Viticulture Les Vignerons Indépendants imaginent de nouveaux moyens pour promouvoir le vin

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Les Vignerons Indépendants cherchent à mettre en œuvre de nouveaux moyens de promouvoir l’image du vin, en utilisant les nouveaux canaux de communication, tels les sites, les blogs, les tweets et la vente sur Internet. C’est ce qu’a montré la seconde journée de leurs « rencontres annuelles », le 13 avril à Orange.

À la seconde journée des « rencontres annuelles » de la confédération des Vignerons Indépendants, le 13 avril à Orange, dont le thème était « La relève – les consommateurs d’aujourd’hui », la parole a été donnée à des orateurs qui ont témoigné de leurs expériences de sites Internet, de blogs, de tweets, d’œnotourisme, de ventes par Internet.

Inviter à entrer dans la « planète vin »
« Le monde du vin a tendance à se prendre pour le centre du monde, or il faut s’adresser à l’ensemble de la population, et le blog le permet », a indiqué Jacques Berthomeau, blogueur sur le vin et ancien conseiller technique (viticulture, fruits et légumes) de Michel Rocard, alors ministre de l’Agriculture de 1983 à 1986. Jacques Berthomeau est aussi connu pour son rapport sur l’avenir de la filière viticole, réalisé en 2000. Les blogs permettent « d’atteindre une audience à laquelle on ne s’adressait pas » et de toucher « toutes les catégories sociales ». Pour faire des émules « dans la planète vin », il faut « entrer dans la vie des gens » et ne pas seulement parler de vin. Le vin, « il ne faut pas l’asséner, il vaut mieux l’insuffler », a résumé Jacques Berthomeau, qui invite ses visiteurs « amoureux du bien-vivre à la française » à partager son engagement et sa détermination « face aux provocations des prohibitionnistes ». Une fille de vigneron du Beaujolais, blogueuse d’une vingtaine d’années appelée « Miss Vicky Wine », a insisté sur le fait que les vignerons feront connaître leur vin non seulement en l’évoquant mais aussi en parlant de leur vie quotidienne, en publiant des photos sur leurs sites.

Répondre aux clients coûte moins cher que refaire son site Internet
Le temps passé en contact vaut mieux que des milliers d’euros dépensés en marketing. En réponse à plusieurs vignerons qui lui objectaient que le temps leur manque pour répondre aux messages des clients ou des curieux, « Miss Vicky Wine » leur a donné ce conseil : « Passez une heure et demi par semaine pour commencer, vous y gagnerez plus qu’en dépensant 5 000 euros à la réfection de votre site ». Pour fidéliser leur clientèle, certains vignerons impliquent leurs clients dans la vie de leur caveau, comme Stéphane Saurel, viticulteur à Mazan, près du mont Ventoux, qui a installé une éolienne de pompage des effluents de vinification en 2004, avec un système de souscription des clients pour l’achat de l’éolienne. Grâce aux blogs, la société londonienne Naked Wines (« vins en toute transparence »), qui a déjà 100 000 clients britanniques, en gagne chaque jour 500 nouveaux, a témoigné Eamon FitzGerald, Irlandais de 26 ans chargée du développement. La concurrence est rude face à des enseignes anglaises comme Tesco, qui pratique souvent des prix 5 centimes par bouteille au-dessous des prix de Naked Wines, avec des vins chiliens de qualité très moyenne, a-t-il précisé. Mais « plutôt que dépenser des fortunes en marketing, nous nous concentrons sur le contact avec notre clientèle actuelle ou potentielle ». En retour, il transmet aux vignerons les commentaires des clients et des citoyens curieux à propos des vins. « Tous les jours, en deux minutes vingt, je raconte le vin sous l’angle du plaisir, du savoir-faire, de la culture, du terroir, et je n’ai pas les menottes aux mains » (allusion à la loi Évin), a ajouté David Bérard, journaliste à France Bleue Vaucluse.

Vin & Société : un durcissement prohibitionniste est toujours possible
Marie-Christine Tarby, présidente de l’association Vin & Société, qui milite pour une promotion du vin sous l’angle de la culture et de l’art de vivre, a déclaré en fin de congrès des Vignerons Indépendants qu’un durcissement prohibitionniste est toujours possible. « C’est vrai, depuis l’inscription du patromoine gastronomique français à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), le climat prohibitionniste de l’alcool s’est un peu apaisé, mais une loi est vite venue », a-t-elle indiqué. Face à la prolifération des « opens bars », occasions de consommations excessives, une loi risquerait en effet de prohiber les dégustations de vin, « qui sont le fondement de notre activité ». « Notre objectif n’est pas de demander au gouvernement de revenir sur la limitation d’un taux de 0,5 gramme par litre de sang, mais de le garantir. Ce n’est pas l’abstinence », a-t-elle ajouté. Pour la présidente de Vin & Société, ce plafond de 0,5 gramme par litre de sang, soit 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré, est un « repère » qui permet de faire la promotion du vin dans le cadre de cette fourchette, auprès des non-consommateurs. Seulement 15% de la population consomment du vin de façon quotidienne, a-t-elle rappelé.

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