Abonné

Vignerons Indépendants Les vignerons indépendants ne veulent pas d'une assurance climatique financée par l'UE

- - 3 min

Les Vignerons Indépendants français (Vif) sont réticents à l'idée de financer une assurance climatique par l'enveloppe française allouée par l'UE chaque année à la filière viticole. Ils proposent des systèmes de lissage des stocks qui ne requièrent pas de soutiens publics et qui préservent l'intégralité de l'enveloppe aux actions ciblées pour le vignoble.

«I L serait dommage de soustraire des sommes qui sont utiles à l'investissement et à la restructuration du vignoble », a indiqué Thomas Montagne, président de la Confédération des Vignerons Indépendants, le 30 octobre lors d'un point presse. Le président de la confédération des Vif a ainsi fait allusion à une réflexion sur l'assurance climatique, qui suggère un financement, pour la viticulture, à partir de l'enveloppe de l'organisation commune de marché (OCM) viticole française, qui est de 280 millions d'euros. Cette enveloppe finance l'investissement, la restructuration du vignoble, la promotion du vin français dans les pays tiers et les prestations viniques (opérations de valorisation des sous-produits de la vinification).

« Coup de gueule » adressé à FranceAgriMer

THOMAS Montagne a saisi l'occasion de ce point presse pour faire part de son « coup de gueule » adressé à FranceAgriMer en raison des périodes de stress chaque année à partir de juin, les professionnels se demandant jusqu'à la date de clôture de l'exercice de l'enveloppe (le 15 octobre de chaque année) si celle-ci sera consommée. « On ne pourra pas renouveler l'expérience l'an prochain », a prévenu le président des Vif.

La complexification de la gestion des dossiers d'investissement a été épinglée, l'administration ayant fixé deux catégories de taux d'aides (l'un à 35%, l'autre à 40% des montants investis).

De même, sujet d'agacement, les exploitations en indivision ne peuvent plus percevoir l'aide à l'investissement, alors que les grandes entreprises sont maintenant éligibles à cette aide.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

organisation commune de marché
Suivi
Suivre
assurance
Suivi
Suivre
Deux systèmes de lissage des stocks

Plusieurs systèmes de lissage des stocks existent, sans nécessité de soutiens publics, fait valoir la confédération des vignerons indépendants : le volume complémentaire individuel (VCI), qui est un volume de vin produit au-delà du rendement autorisé pour l'année en cours, et qui est mis en réserve pour compenser les aléas ultérieurs.

Et la déduction pour aléas (DPA), qui incite par exemple les éleveurs à stocker du fourrage. La DPA telle qu'elle est proposée par la Confédération des Vignerons Indépendants fonctionnerait « en nature, c'est-à-dire sous forme de volumes de vin » soustraits au stock du vigneron lors d'une année de vendange abondante et remis dans le stock les années de petite vendange. Cette formule serait simplement assortie d'une défiscalisation, lorsque le vigneron diminue son résultat en opérant sa déduction. « Nous ne voulons pas trop dépendre des aides », a résumé Thomas Montagne. Ce que proposent les Vif pour lisser le revenu est, dans les grandes lignes, d'organiser « ce que nos grands-parents ont toujours su faire, c'est-à-dire mettre de côté une partie de leur récolte en prévision des jours de vaches maigres ».

L'avantage de ces deux systèmes de lissage des stocks est qu'ils inciteraient les vignerons à gérer leurs stocks. (MN)