Les États membres viennent de décider que désormais, les exploitants d’entreprises agroalimentaires devront prendre des mesures pour limiter la présence d’acrylamide (substance cancérogène) dans leurs produits. Les initiatives attendues dépendent de la nature et de la taille des entreprises.
Le 19 juillet 2017, les représentants des États membres auprès de l’UE ont voté en faveur de la proposition de la Commission européenne visant à réduire la présence d’acrylamide dans les denrées alimentaires. L’acrylamide est une substance cancérogène qui se forme dans les aliments riches en amidon, comme la pomme de terre, au cours des processus de cuisson à haute température. Une fois mis en œuvre, le nouveau règlement exigera des exploitants du secteur alimentaire qu’ils appliquent des mesures obligatoires, proportionnées à la taille et à la nature de leur établissement, afin de réduire la présence d’acrylamide.
Le texte approuvé par les Vingt-Huit a été transmis au Conseil des ministres de l’UE et au Parlement européen. Les deux institutions disposent d’un délai de trois mois pour l’examiner, avant son adoption finale par la Commission. L’entrée en vigueur du règlement est prévue pour le printemps 2018. La Commission a également l’intention d’entamer des discussions avec les États membres, le Parlement européen et les parties prenantes sur des mesures supplémentaires, telles que la fixation de teneurs maximales en acrylamide dans certaines denrées alimentaires, dans les meilleurs délais après l’adoption de ce règlement.
Groupe d’âge le plus exposé : les enfants
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Le 4 juin 2015, l’EFSA a publié sa première évaluation complète des risques associés à l’acrylamide dans les aliments (Agra Alimentation du 2 février 2017). Ses experts ont reconfirmé les évaluations précédentes selon lesquelles l’acrylamide dans les aliments accroît potentiellement le risque de développement d’un cancer pour les consommateurs de tous les groupes d’âge. L’acrylamide étant présent dans un large éventail d’aliments consommés au quotidien, ce problème se pose pour tous les consommateurs, mais les enfants sont le groupe d’âge le plus exposé proportionnellement à leur poids corporel. L’EFSA a également indiqué que les teneurs en acrylamide n’avaient pas systématiquement diminué au cours des dernières années.
En outre, les enquêtes effectuées par les États membres sur la base des recommandations de la Commission ont révélé que la mise en œuvre par les exploitants du secteur alimentaire de mesures d’atténuation volontaires visant à en réduire la présence se faisait de façon très variable. Les catégories alimentaires qui contribuent le plus à l’exposition à l’acrylamide sont les produits frits à base de pommes de terre, le café, les biscuits, les biscuits salés, les pains grillés, les biscottes et le pain mou.