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UE/Vin & Santé Les vins AOC ont besoin de délai pour l’étiquetage de l’albumine et de la caséine

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La Fédération européenne des vins d’origine (EFOW) (1) demande à la Commission européenne de reporter d’un an l’entrée en vigueur de l’étiquetage obligatoire sur les bouteilles de vin de l’albumine et de la caséine, produits de collage utilisés par les vignerons et qui sont susceptibles de provoquer des réactions allergiques chez les sujets sensibles. A l’appui de sa demande l’EFOW met en avant les premiers résultats d’études, menées sous l’égide de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin), lesquelles démontreraient que « de bonnes pratiques de vinification permettraient d’éliminer toute trace de résidus d’albumine et de caséine dans le vin ». Ces résultats sont actuellement analysés par l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

Dans une lettre adressée au cabinet du commissaire européen John Dalli (DG Sanco), EFOW, la Fédération européenne des vins d’origine, demande un prolongement de l’exemption temporaire d’étiqueter, sur les bouteilles de vin, la possible présence de résidus de caséine et d’albumine. Ces deux auxiliaires technologiques, utilisés traditionnellement pour filtrer le vin, devraient, à partir du 1er janvier 2011, être mentionnés dans l’étiquetage au titre d’un potentiel effet allergène. La Fédération demande à la Commission européenne de reporter d’un an (jusqu’au 1er janvier 2012) l’entrée en vigueur de l’étiquetage obligatoire sur les bouteilles de vin de l’albumine et de la caséine. Au motif que les premiers résultats de plusieurs études menées sous l’égide de l’Organisation internationale de la vigne et du vin depuis 2009 – et remis à la Commission ainsi qu’à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) en juin 2010- démontreraient « que de bonnes pratiques œnologiques permettraient d’éliminer complètement ces résidus ». Les responsables de l’EFOW assurent que les « résultats concluants et définitifs seront publiés au printemps 2011 ». La directive 2007/68 (modifiant l’annexe III bis de la directive 2000/13 sur l’étiquetage de certains ingrédients alimentaires) oblige les producteurs utilisant l’albumine ou la caséine dans leur vin à indiquer sur les étiquettes « contient du lait » ou « contient de l’œuf ». Cette directive prévoit également un délai pour permettre à la filière de s’adapter au nouvel étiquetage obligatoire. La date butoir, d’abord fixée au 31 mai 2009, a été repoussée au 31 décembre 2010.
Pour le président de EFOW, l’Italien Riccardo Ricci Curbastro, « le filtrage des vins à partir de caséine ou d’albumine relève d’une méthode extrêmement ancienne, qui n’avait jamais été remise en cause jusqu’à présent. Si nous comprenons le souci des autorités européennes d’appliquer le principe de précaution, nous en appelons au bon sens de la Commission européenne et des Etats membres pour repousser l’application de cette législation, le temps d’examiner les résultats de ces études, surtout si ceux-ci devaient conduire à une exemption définitive d’étiquetage ».

Des réactions allergiques « indésirables » selon l’AESA
L’Autorité européenne de sécurité des aliments, a rendu ces dernières années plusieurs avis scientifiques en réponse à des requêtes notamment de Viniflhor (Etablissement public chargé des filières vin, fruits, légumes et horticulture), de la Fédération des associations viticoles allemandes et de la « Winegrowers federation of Australia » pour une exemption d’étiquetage. Ainsi le 15 octobre 2007, les experts de l’Aesa ont estimé que les vins collés avec de la caséine pouvaient déclencher des réactions néfastes chez les personnes sensibles. En ce qui concerne les produits de collage à base d’œuf, 0,3% des adultes seraient allergiques à l’albumine. L’Autorité européenne a notamment fait analyser 400 vins commerciaux et a révélé que 14 d’entre eux se sont avérés contenir des résidus d’albumine de blanc d’oeuf.

(1) L’Efow regroupe la Confédération nationale des producteurs de vins d’appellation d’origine (Cnaoc) pour la France, ses équivalents italien (Feferdoc), espagnol (CECRV) et hongrois (HNT), ainsi que l’Institut portugais des vins de Porto et de Douro. Des discussions seraient en bonne voie avec des organisations équivalentes en Allemagne et en Autriche

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