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Les vins de France, en repli au niveau mondial, gardent des atouts aux Etats Unis

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Malgré son repli sur le marché vinicole mondial, au profit du Nouveau Monde, le vin français garde une forte notoriété aux États-Unis, premier acheteur mondial en valeur, montre une étude de FranceAgriMer présentée le 18 juillet à la presse. Un positionnement bénéfique, les États-Unis étant un pays où la consommation de vin progresse et où les consommateurs sont prêts à y mettre le prix.

Une étude de FranceAgriMer, présentée le 13 juillet au conseil spécialisé viticole de l’établissement puis le 18 juillet à la presse, rappelle l’importance du recul de la France sur le marché mondial, mais en montre les appréciables atouts sur le marché américain. En 2000, l’Hexagone, qui représentait 25 % des exportations mondiales de vin, n’en assure plus que 14 % (en 2015). La place a été prise par le Nouveau Monde (Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine, Chili, États-Unis, etc.), dont les parts de marché sont passées de 19 % à 30 %. Cette évolution n’empêche pas le vin français de conserver une forte notoriété aux États-Unis. La France est toujours le premier fournisseur du marché américain en valeur, à 29 %, devant l’Italie (27 %).

Une position bien ancrée, mais l’Italie talonne la France

Il est vrai que les Transalpins talonnent la France sur le marché américain pour deux raisons. En premier lieu l’Italie est, de loin, le premier exportateur de vin aux États-Unis en volume, couvrant 27 % des importations du pays, là où la France ne représente que 12 % des approvisionnements extérieurs américains de vin. En second lieu, les vins italiens ont tendance à monter en gamme. Leur percée aux États-Unis s’explique par la simplicité. Ils s’associent facilement avec l’alimentation à l’italienne diffusée par une communauté italienne nombreuse outre-Atlantique, et avec les grillades, qu’aiment consommer les Américains, a développé Caroline Blot, chef de l’unité « cultures et filières spécialisées » à la direction des études et prospective de FranceAgriMer.

Le positionnement haut de gamme du vin français est adapté au marché des États-Unis. Les Américains préfèrent mettre le prix : ils achètent en bouteilles plutôt qu’en vrac (5 % du marché seulement). D’une manière générale, la consommation de boissons alcoolisées aux États-Unis, jusque-là dominée par la bière, évolue peu à peu vers le vin. La consommation d’alcool est représentée à 50 % par la bière (surtout dans les États du centre), à 33 % par les spiritueux et à 17 % seulement par le vin. Mais la consommation de vin progresse notamment dans les grandes villes de la côte Est, de Californie et de Floride, a précisé Caroline Blot.

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État du vignoble : attaques cryptogamiques au nord, stress hydrique au sud

Le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer, qui s’est réuni le 13 juillet, a dressé un état du vignoble français au 7 juillet, qui fait ressortir une situation « assez contrastée » entre les vignobles du nord et ceux du Sud. Les bassins viticoles du nord de la France ont été touchés à plusieurs reprises par des phénomènes climatiques (gels, grêles, pluies) « qui ont favorisé un développement de maladies cryptogamiques comme le mildiou et un certain retard de végétation ». Les attaques de mildiou « sont particulièrement importantes et pourraient avoir un impact important sur les exploitations ». Des attaques tardives d’oïdium « sont également à noter ». Dans les bassins viticoles méridionaux, le conseil de FranceAgriMer signale « du stress hydrique et même de la sécheresse dans les zones les plus au sud du pays ».

Viticulture : la téléprocédure touche maintenant l’aide à la promotion sur pays tiers

Une nouvelle étape de dématérialisation des procédures attend la viticulture pour les prochains mois avant octobre, avec la promotion du vin sur pays tiers, a indiqué FranceAgriMer le 15 juillet, après le conseil spécialisé viticole du 13. Après Vitiplantation, le système de dépôts en ligne des demandes d’autorisations de plantations de vignes, et Vitirestructuration, le système de dépôts en ligne des demandes de restructuration du vignoble (arrachage et replantation avec des nouveaux cépages), l’établissement public informe que « la téléprocédure devient obligatoire pour le dépôt des prochains dossiers » de demande d’aide pour la promotion sur les pays tiers. La date de clôture des candidatures pour les viticulteurs est fixée au 14 octobre.