Dans un secteur viticole français en crise, le vignoble du Val de Loire, le troisième de l’hexagone en volume, affiche une belle résistance grâce à des vins abordables qui plaisent aux nouveaux consommateurs, notamment à l’étranger.
Dans le sombre tableau des exportations françaises de vins au 1er trimestre 2005 rendu public par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (voir encadré), le Val de Loire tranche avec un bond de 10,3% en volume (+ 22 % en valeur) par rapport à 2004, face aux résultats des autres vignobles : Alsace (- 16,7 %), Bordeaux (- 12,2 %), Bourgogne (- 9,1 %), Côtes-du-Rhône (- 17,3 %).
Disparités entre appellations
Au bureau d’Interloire, le comité interprofessionnel des vins d’Anjou, Touraine et Saumur, la prudence reste pourtant de mise en attendant d’avoir les chiffres officiels. Si le début d’année est favorable pour les ventes vers les Etats-Unis, il est difficile au Royaume-Uni, notre principal marché, précise-t-on.
Car ces chiffres provisoires masquent d’importantes disparités au sein du vignoble ligérien, vaste territoire qui, de la région nantaise aux coteaux du Roannais, regroupe près de 70 appellations (AOC) et de multiples vins de pays.
Disparités de couleurs tout d’abord. Avec une progression de plus de 21 % de leurs ventes, les blancs ont représenté près de trois-quarts de la production exportée au premier trimestre, tandis que les rouges de Loire enregistraient, eux, une baisse de 17,7%.
Le muscadet rebondit
Disparité entre appellations ensuite. La belle progression des seuls muscadet (+ 68,5 %), pourtant en grande difficulté il y a quelques années, a tiré les résultats vers le haut. Ils ont représenté près de 30 % des volumes de vins du Val de Loire exportés au premier trimestre. Autre poids lourd du vignoble, les Sancerre ont eux aussi progressé (+ 2,2 %) et les vins moelleux des Coteaux du Layon affiché de beaux résultats (+ 56,4 %) mais sur de petits volumes. En revanche, les Touraine (- 27,8 %), Vouvray (- 31,2 %) et Anjou et Saumur blancs (- 33,9 %) ont enregistré de fortes baisses.
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Touché lui aussi par la baisse du marché français, le Val de Loire a trouvé à l’export de nouveaux débouchés, à l’image des vins d’Anjou, Saumur et Touraine (+ 4,6 % en volume).
Principaux acteurs de cette réussite, les vins de fines bulles et les rosés (Cabernet d’Anjou et Rosés d’Anjou). « Nous avons la chance de pouvoir produire des vins demi-secs, plus sucrés, qui collent mieux au marché, notamment aux désirs des nouveaux consommateurs qui découvrent le vin », commente Olivier Lecomte, le président du syndicat des producteurs de rosés d’Anjou.
Les efforts de qualité engagés il y a une quinzaine d’années, ont eux aussi porté leurs fruits, dans toutes les appellations.
« Notre vignoble s’est mieux préparé aux problèmes que connaissent les vins français aujourd’hui. Nous avons une gamme complète, de grande qualité et à des prix très corrects, et nous travaillons sur des niches», note Claire Duchesne.
« L’image nouvelle d’un vignoble du Val de Loire est aussi désormais intégrée par les metteurs en marché. Dans le contexte des tensions internationales autour du vin, c’est peut-être moins pénalisant que de s’appeler bordeaux ou bourgogne», ajoute la responsable d’Interloire.