Le développement de l’acheminement des denrées par voie fluviale et ferroviaire ainsi que la décarbonation du transport routier pourraient permettre de réduire de 39 % les émissions de GES liées aux flux logistiques des industries agricoles et alimentaires.
Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport de marchandises, le CGEDD (ministère de la Transition écologique) et le CGAAER (ministère de l’Agriculture) recommandent, dans un rapport publié le 16 février, de développer les flux logistiques de marchandises agricoles et alimentaires par voie ferroviaire et fluvial. La logistique représente actuellement environ 15 % de l’empreinte carbone des activités des industries agricoles et agroalimentaires. Les services ministériels estiment que le doublement du fret ferroviaire et la hausse de 30 % du fret fluvial pourraient permettre de réduire de 39 % les émissions de gaz à effet de serre liées aux flux de transports de l’agroalimentaire d’ici 2030. Pour atteindre ce niveau, il faudra également « décarboner » le parc de poids lourds, optimiser les charges transportées et limiter la croissance des flux de transport à 0,5 % par an.
90 % des flux se font par voie routière
Le transport routier est de loin le moyen de transport privilégié par les opérateurs. « Pour des raisons de compétitivité prix et hors prix, les chargeurs choisissent à plus de 90 % d’effectuer par la route leurs transports de marchandises et cette tendance s’est accrue encore récemment », contre 4 % pour le fer et 2 % pour les voies fluviales, constatent les auteurs du rapport. Et le développement des circuits courts pourrait encore accentuer le recours à la voie routière en multipliant les flux d’acheminement.
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Le transport ferroviaire apparaît comme peu fiable et peu flexible mais il serait plus économique que le routier pour les trajets de plus de 200 km. Le risque de se voir infliger des pénalités logistiques en cas de retard de livraison, l’absence de voies ferrées du point de départ jusqu’à l’arrivée et la diminution du volume des livraisons sont trois facteurs qui limitent le recours au fer. Les auteurs du rapport insistent sur la priorité à donner à « la rénovation des capillaires » dans les investissements publics et proposent d’expérimenter sur certaines lignes de fret ferroviaires des financements pour des contrats entre l’État, la SNCF et les chargeurs, garantissant un certain niveau de service.
La voie d’eau est, quant à elle, tributaire d’un réseau fluvial « limité même s’il est bien connecté aux ports ». Le rapport souligne la fiabilité de cette solution qui est « très compétitive pour certains produits en vrac » comme les céréales et les oléagineux. « La mise en service du canal Seine Nord à l’horizon 2028 est susceptible de faire croître le trafic céréalier fluvial », estiment-ils, rappelant l’objectif de Voies navigables de France (VNF) d’augmenter de 30 % les flux de produits alimentaires par voie d’eau.