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Grippe aviaire L’Etat devra mobiliser un milliard d’euros en cas de pandémie

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La sénatrice Nicole Bricq, rapporteur d’une mission de contrôle effectuée au nom de la commission des Finances du Sénat, s’inquiète du décalage entre les besoins financiers nécessaires en cas d’apparition d’une pandémie sur le territoire et les crédits réellement programmés. Elle juge cependant « globalement efficace » le dispositif de lutte contre la grippe aviaire mis en place en France.

L’Etat français devra mobiliser un milliard d’euros en cas de pandémie de grippe aviaire sur le territoire, selon la sénatrice Nicole Bricq (PS, Seine-et-Marne), citant « une source non-officielle du ministère de la Défense ». Or, le ministère de la Santé n’a prévu en crédits « que » 750 millions d’euros sur trois ans, s’est-elle étonnée le 5 juillet en présentant à la presse les conclusions d’une mission de contrôle qu’elle a menée au nom de la commission des Finances du Sénat.

Selon Nicole Bricq il est également important de ne pas renouveler l’erreur qui avait mené l’année dernière à une sous-évaluation des besoins budgétaires en matière « aviaire » dans le projet de loi de Finances 2006. Un décret était venu corriger le tir, à l’époque. « Ne faisons pas la même chose dans le projet de loi de Finances 2007 » a t-elle averti.

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Un travail interministériel « factice »

Pour la sénatrice, il est en outre important de réformer le mode de financement de la politique de lutte contre la grippe aviaire en France. Cette politique, a t-elle rappelé, est financée de manière « très importante» par un fonds de concours prélevé sur le budget de la Sécurité sociale. « Or, si une catastrophe sanitaire arrive, c’est la solidarité nationale qui doit jouer, et donc le budget de l’Etat. Que la Sécurité sociale finance une partie minime – celle liée à la prévention – serait de bon aloi ; mais elle ne doit pas financer de manière aussi conséquente le plan », a-t-elle insisté. Sur le plan politique, Nicole Bricq qualifie par ailleurs le travail interministériel de « factice», estimant que la mission interministérielle sur la grippe aviaire n’a pas les moyens de ses ambitions. Elle regrette essentiellement que l’ensemble des crédits mobilisés dans chaque ministère ne soient pas rapatriés au sein même de la mission interministérielle.

Un risque durable

Au-delà de ces remarques ou des ces critiques, Nicole Bricq juge « globalement efficace » le dispositif national de lutte contre la grippe aviaire. Elle relève cependant « la trop faible association des médecins libéraux à la préparation de la lutte contre la pandémie, l’inégale couverture médicale sur le territoire ainsi que les limites des capacités hospitalières nationales ». A l’instar de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la grippe aviaire, Nicole Bricq estime nécessaire de se préparer à vivre avec un « risque durable » au niveau national et international. Elle appelle à la création d’une instance internationale regroupant les problématiques de santé animale et de santé humaine, actuellement traitées distinctement par l’OMS (organisation mondiale de la santé), la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale).