Pour sa première communication en Conseil des ministres, Serge Lepeltier, le nouveau ministre de l’Ecologie, a présenté le 7 avril un plan d'action sur les forêts tropicales. Les organisations écologistes restent critiques.
Ce plan prévoit que les administrations achètent 100% de bois certifiés en 2010, avec une étape intermédiaire à 50% en 2007. Pour l’heure, ce pourcentage est proche de zéro. La certification des forêts est en effet quasiment inexistante en Afrique et en Asie (régions les plus menacées), et le code des marchés publics français ne contraint en aucune manière les services de l’Etat à acheter du bois certifié, c'est-à-dire issu de forêts gérées dans le respect de l'environnement. Le code prévoit simplement que les achats publics peuvent inclure des critères d'environnement. Selon les ONG (organisations non gouvernementales), un quart du bois tropical importé en France est destiné aux marchés publics. D’ici la fin juin, une circulaire de Matignon fixera les premières mesures en matière d’achats de bois tropicaux : obligation pour le soumissionnaire d’indiquer dans son offre le nom du fournisseur, l’origine du bois brut et l’essence concernée.
Un label pour les meubles
Cette première étape devrait être suivie par des achats de plus en plus ciblés sur des bois justifiant d’une garantie de légalité et issus de forêts exploitées de manière durable. Le consommateur pourra également être mieux informé à compter du 1 er janvier 2005, date à laquelle entrera en vigueur un écolabel pour le mobilier (NF Environnement ou logo en forme de fleur européenne) précisant le mode de gestion et l’origine des bois. Le plan d’action prévoit également de lutter contre les importations de bois illégales, avec des contrôles accrus des douanes. Parmi les autres annonces, on notera la volonté d’adapter le code forestier aux forêts tropicales (la France abrite outre-mer 8 millions d'hectares de forêts tropicales) et la constitution prochaine de deux nouveaux parcs nationaux à la Réunion et en Guyane. Dans la lutte contre l’orpaillage clandestin dans la forêt guyanaise, les pouvoirs publics ont annoncé le départ le 9 avril de 75 gendarmes supplémentaires.
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Les Amis de la Terre, Greenpeace et le WWF ont qualifié ces annonces de « poudre aux yeux ». « Aujourd’hui, la réforme du dispositif répressif français est la seule issue immédiate pour enrayer de façon efficace les importations illicites de bois, en provenance de pays du Sud », déclare Frédéric Castell, chargé de la campagne Forêts aux Amis de la Terre.