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Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest « L’État ne peut plus se contenter de nous obliger à reboiser sans contrepartie »

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Le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest (SSSO) a tenu vendredi 18 septembre son assemblée générale à Morcenx dans les Landes. Plus de six mois après le passage de la tempête Klaus qui a dévasté 685 000 ha de forêt et mis à terre 40 millions de tonnes de bois, les objectifs de stockage et de commercialisation du bois sont loin d’être atteints. Pour Christian Pinaudeau, secrétaire général du syndicat, les pouvoirs publics doivent s’investir dans la mise en place d’un système assurantiel pour la forêt et donner un signal pour que les sylviculteurs reboisent leur parcelles.

Où en sont les opérations de récolte des chablis ? Quel constat tirez-vous 7 mois après la tempête ?
Le premier constat, c’est l’échec du plan Barnier. On est très loin des objectifs affichés avec 70 millions d’euros de prêts bonifiés qui auraient été débloqués à ce jour contre les 600 millions annoncés. On a pris 7 mois de retard et si on arrive à stocker 2 millions de tonnes de bois d’œuvre d’ici à la fin de l’année ce sera déjà bien, alors qu’il était prévu d’en amasser 4 millions. Au 31 juillet, presque 6 millions de tonnes de bois ont été exploitées alors que l’on s’était fixé un objectif de 12 millions. On ne va pas faire mieux qu’une année normale (environ 8 millions de tonnes) !
Les propriétaires forestiers sont de plus en plus souvent sollicités par des entrepreneurs qui souhaitent louer leurs parcelles pour y installer des panneaux photovoltaïques. Les sylviculteurs vont-ils reboiser leur parcelles ?
Le code forestier interdit aux propriétaires de défricher les parcelles et leur impose de les reboiser. Seulement qui va aller vérifier que les parcelles sont bien replantées et non pas laissées à l’abandon ? Bien sûr, les arbres vont repousser tout seuls, mais le risque d’incendie sera alors très important. Dans le contexte de réchauffement climatique que nous traversons, la forêt présente de nombreux avantages (stockage du carbone, régulation locale du climat…), mais l’État doit donner un signal aux forestiers. De nombreuses entreprises nous sollicitent en effet pour installer des panneaux photovoltaïques sur nos terres. Un hectare recouvert de panneau solaire nous est loué entre 2500 et 3000 euros par an alors que la même surface plantée en pin maritime rapporte 100 euros par en moyenne. L’État ne peut plus se contenter de nous obliger à reboiser sans contre-partie.
Qu’attendez-vous du ministère de l’Agriculture ?
Les pouvoirs publics doivent mettre en place un système assurantiel sinon il faut rendre aux propriétaires leur liberté et les laisser faire ce qu’ils veulent de leur terre. Les discussions viennent tout juste de commencer avec les services de l’État et les assureurs. Pour notre part, nous souhaiterions la création d’un compte épargne forêt pour aider les sylviculteurs à financer les polices d’assurances, assorti d’un fonds de garantie des calamités forestières pour qu’en cas de catastrophe l’État viennent en aide aux assurances.

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