Selon l’agence de notation Momagri, les soutiens publics à l’agriculture et à l’alimentation, mesurés par l’indicateur SGPAA (soutiens globaux à la production agricole et alimentaire), entre 2008 et 2015 ont baissé de 20 % par habitant en Europe et progressé de 145 % en Chine et 39 % aux USA. L’indicateur SGPAA, créé par Momagri, met « en évidence la nature et l’ampleur des soutiens apportés à l’agriculture, ainsi que l’importance stratégique de l’agriculture pour le pays en question », selon l’agence. « La Pac 2013 a été construite en se disant que les prix des matières premières agricoles seraient élevés car la demande serait élevée dans le monde. Et peu à peu l’Europe a démonté ses outils de régulation », soulignait Jacques Carles, délégué général à Momagri, le 14 septembre, lors d’un débat organisé par le Syrpa (Syndicat des rédacteurs techniques de la presse agricole). « L’agriculture est au cœur d’une stratégie globale », soulignait-il. Une vision que, selon lui, l’Europe a perdue sous couvert du libéralisme et de « supermarchés pleins ». Par contre, les États-Unis ou la Chine ont conservé l’idée que l’agriculture n’était pas « que le marché », mais aussi « un enjeu de puissance du monde », comme l’a souligné Christian Harbulot, directeur de l’École de guerre économique, présent au débat, d’où des soutiens adaptés à la mesure de l’enjeu. « Le libéralisme des marchés exporte de la volatilité et des prix bas qui affament les gens dans le monde », a estimé Jacques Carles.
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