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Installation L’Europe choie ses jeunes agriculteurs

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La majoration des paiements directs pour les jeunes installés, dans le premier pilier, est rendue obligatoire dans tous les Etats membres. « Enfin une politique européenne dans le sens du renouvellement des générations », s’est réjoui le syndicat Jeunes agriculteurs qui demeure cependant vigilants quant aux transpositions françaises.

Créer juridiquement des inégalités pour favoriser, dans les faits, le progrès de l’égalité : tel est le pari de l’Europe pour les jeunes installés. Celui de « la discrimination positive », a confirmé le 26 juin, le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos. Depuis le début des négociations, il s’est fait le porte-parole des jeunes agriculteurs, bataillant ferme pour élever leur sort « au cœur de la réforme de la Pac ». C’est fait : afin d’encourager le renouvellement des générations, un paiement supplémentaire de 25 % – accordé aux jeunes agriculteurs (de moins de 40 ans) qui débutent dans la profession – devrait s’ajouter au paiement de base pendant les cinq premières années de leur installation. Un soutien pouvant aller jusqu’à 2% de l’enveloppe nationale, rendu obligatoire pour tous les États membres. « Le top up jeune, on en avait fait notre enjeu pour la réforme. Donc, on est plutôt contents de ce côté là, a indiqué François Thabuis, le président des JA, à l’issue des négociations. D’autant qu’il s’agit bien d’une majoration annuelle des aides. Ça n’est pas comme un chèque que l’on donnerait d’un seul coup d’un seul, et qui risquerait de ressembler à une dotation jeunes agriculteurs (DJA) ». Les deux dispositifs ne doivent pas, selon lui, être amalgamés. Le syndicat aurait par ailleurs souhaité une politique de l’installation obligatoire dans le premier mais aussi le second pilier. Une demande qui n’a pas trouvé écho.

Des subventions pour le démarrage d’activité

Cependant, d’autres mesures ont été mises à disposition des jeunes agriculteurs, dans le cadre des programmes de développement rural. Celles-ci peuvent associer des subventions pour le démarrage d’activité (jusqu’à 70 000 €), des investissements physiques, ainsi que des services de formation et de conseil, a précisé la Commission. Selon Stéphane Le Foll, il faut désormais « trouver un équilibre » entre les deux piliers. Il ne s’agit pas, selon lui, de fixer « une somme de tant de millions d’euros », mais bien « des objectifs dynamiques ». En ligne de mire : « Augmenter la part consacrée à l’installation sur les premier et deuxième piliers par rapport à l’existant, avec un objectif d’aller plus loin que ce que nous installons aujourd’hui », a défendu le ministre de l’Agriculture, début juin, lors du congrès des jeunes agriculteurs. JA et les services du ministère devraient commencer un travail sur le cadre dans les prochains jours, alimenté par les conclusions rendues à l’issue des assises de l’installation.

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