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Questions sanitaires L’Europe déplore la multiplication des entraves aux échanges avec la Russie

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A l’approche du sommet entre l’UE et la Russie, les 21 et 22 mai, à Khabarovsk (Russie), les experts sanitaires européens s’inquiètent du maintien par Moscou de nombreuses entraves aux échanges de produits agroalimentaires. Voire de leur multiplication. Une nouvelle fois, ce sujet devrait être éludé des discussions tant prédominent les intérêts énergétiques dans les relations entre les deux blocs. Et l’UE devrait se contenter de rappeler la Russie à ses obligations dans la perspective d’une éventuelle adhésion à l’OMC.

Les méthodes de Elenna Skrynnik, nouvelle ministre russe de l’Agriculture, sont visiblement les mêmes que celles de son prédécesseur, Alexeï Gordeïev. Et son arrivée à la mi-mars n’a jusqu’à présent pas permis d’apaiser les relations dans le domaine sanitaire entre son pays et l’Union européenne. Moscou continue au contraire d’utiliser les normes sanitaires et phytosanitaires comme prétexte à la perturbation des exportations de produits agricoles et agroalimentaires de l’UE vers la Russie, déplorent les experts sanitaires européens. Le porc, à la faveur de la pandémie mondiale de grippe, en a fait les frais. De même que les produits laitiers, dont les exportations ont brutalement été affectées par de nouvelles exigences de Moscou.

Les récentes discussions téléphoniques entre le chef vétérinaire russe, Sergueï Dankvert, et la Commission européenne, n’ont en effet pas permis d’améliorer la situation pour les produits laitiers acheminés par la Communauté vers la Russie. Les professionnels regrettent que les normes révisées n’aient été communiquées par les autorités russes qu’au dernier moment, ne leur laissant pas le temps de prendre les dispositions nécessaires pour les respecter.

Menaces pour les exportations de viande congelée

Mais le principal problème en suspens reste la question des limites de résidus de pesticides dans les produits végétaux et de médicaments vétérinaires dans les produits carnés. La Russie refuse la présence de traces de substances chimiques dans ces produits, en mettant en avant la nécessité de protéger ses consommateurs. Une approche infondée aux yeux des experts européens. Ces derniers demandent à Moscou d’aligner ses exigences sur les règles établies au niveau international, dans le cadre du Codex alimentarius.

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De plus, l’UE tente d’infléchir la Russie sur l’introduction progressive d’une interdiction d’utilisation de viande congelée pour la fabrication de produits transformés à base de viande. Une telle interdiction pourrait entraîner la fermeture des frontières de ce pays aux exportations de viande rouge et de viande de volaille congelées en provenance de l’UE.

A cela s’ajoutent les récentes inspections sanitaires menées par la Russie sur plusieurs sites européens de transformation de viande. Ces visites se sont soldées par des décisions d’interdiction prises dans des conditions « peu transparentes », jugent les Européens.