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DG Sanco L’Europe ne peut pas interdire les importations d’OGM

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En visite à Paris à l’occasion du colloque organisé par la Société des agriculteurs de France sur les enjeux sanitaires de la production agricole le 24 janvier, Paola Testori Coggi, directrice adjointe de la DG Sanco (direction générale de la santé et de la protection du consommateur) est venu expliquer le pourquoi de la complexité des règles européennes. Et les raisons pour lesquelles les importations d’OGM resteront possibles en Europe.

Selon l’un des chiffres de l’Eurobaromètre sur l’agriculture publié au printemps 2007, « 50 % des Européens souhaiteraient recevoir davantage d’informations sur la sécurité alimentaire et la santé ». Voilà de quoi justifier l’action de la direction générale de la santé et de la protection du consommateur (DG Sanco), qui n’hésite d’ailleurs pas à citer ce résultat. Au service de la protection du consommateur, donc, cette direction doit également jongler avec les pouvoirs politique et économique. Ce qui ne rend pas toujours son action lisible. « Nous avons toujours évité d’adopter le concept du zéro risque, a notamment expliqué Paola Testori Coggi, directrice adjointe de la DG Sanco, le 24 janvier à Paris. Mais au niveau politique, les ministres veulent un risque zéro ».

Pas de bases scientifiques pour interdire les importations d’OGM

La direction doit également tenir compte des règles internationales, dans la mesure où l’Europe importe et exporte énormément. Imposer des règles plus drastiques que le reste de la communauté mondiale a un prix. Une longue procédure avec les Etats-Unis, toujours en cours, a par exemple sanctionné la décision de Bruxelles de refuser la viande aux hormones en 1994. Dans le cadre de l’OMC, « nous ne pouvons pas fixer des niveaux de sécurité si ceux-ci ne sont pas justifiés sur des bases scientifiques », a expliqué Paola Testori Coggi.

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Ce qui est pose justement problème en ce qui concerne les OGM.D’où le parti pris de l’Europe de ne pas fermer la porte aux importations de soja ou de maïs OGM. Et qu’on se le tienne pour dit : la Commission ne changera pas d’avis, même si la France ou d’autres pays de l’Union décident d’interdire la culture des OGM sur leur territoire.

Ralentir les autorisations

« Pour l’Union européenne, c’est très important de maintenir l’autorisation d’importer des OGM », a rappelé Paola Testori Coggi. La raison en est simple : la production animale européenne dépend très fortement de ces importations, qui montent à 22 Mt en soja et vont de 5 à 10 Mt en produits dérivés de maïs transgénique en provenance essentiellement des Etats-Unis. « Pas d’illusion, l’Union européenne n’arrivera jamais à avoir assez de nourriture pour son alimentation animale », a insisté Paola Testori Coggi. Une position qui politiquement n’est pas acceptée. « Nous mettons en place des autorisations avec des Etats membres qui votent contre sachant qu’ils ont besoin des OGM pour leur alimentation animale », a indiqué la responsable. Seule parade à des importations plus massives pour l’instant : ralentir les procédures concernant les autorisations à la consommation d’OGM en Europe. Mais là-dessus aussi, les Etats-Unis attaquent.