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Grippe aviaire L'Europe s'organise face à la menace de la grippe aviaire H5N8

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Le virus hautement pathogène de la grippe aviaire H5N8 s'est déclaré dans des élevages des Pays-Bas, du Royaume-Uni et l'Allemagne. Dans les États membres et dans les pays voisins, des mesures sont prises pour éviter tout contact entre la volaille et les oiseaux sauvages vecteurs de la maladie. Mais ce sont les pays en développement qui sont les plus menacés par cette épidémie, préviennent la FAO et l'OIE.

L'Allemagne, où un nouveau cas a été découvert chez un oiseau sauvage (une oie), les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont tous confirmé la présence de la nouvelle souche du virus H5N8 de la grippe aviaire dans des élevages de volailles (1). C'est aux Pays-Bas que le plus de cas ont été décelés avec trois fermes dont les animaux ont tous été abattus. Ces trois pays ont pris des mesures de surveillance et de contrôles renforcés. D'autres pays comme la France ou la Belgique ont pris des mesures de précaution. Pour se prémunir contre l'épidémie, la Suisse a, elle, interdit à partir du 22 novembre les importations de volailles en provenance des Pays-Bas et du Royaume Uni. La souche H5N8 connue en Asie, détectée pour la première fois au sein de l'UE en Allemagne est hautement pathogène pour les volailles domestiques, avec des taux de mortalité importants. La plupart des autorités sanitaires semblent convenir que le virus est transmis par les oiseaux sauvages qui peuvent être infectés mais chez qui la maladie est quasiment asymptomatique. L'Organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) estiment dans un communiqué que ce virus fait peser une menace significative sur le secteur avicole européen mais surtout dans les pays pauvres le long des routes migratoires des oiseaux sauvages en bordure de la mer Noire et de l'Atlantique Est. En effet, si des systèmes avicoles aux conditions de bio-sécurité insuffisantes sont infectés dans des pays peu préparés sur le plan vétérinaire, le virus pourrait se propager d'élevage en élevage, ce qui aurait des effets dévastateurs sur les moyens d'existence des éleveurs vulnérables, etsur les économies et le commerce nationaux. Il est donc recommandé de renforcer les efforts de surveillance afin de détecter rapidement le H5N8 pour permettre aux services vétérinaires de réagir rapidement et d'améliorer les mesures de bio-sécurité, en veillant à minimiser les contacts entre les volailles domestiques et les oiseaux sauvages.

(1) Voir n° 3472 du 24/11/2014

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Grippe H5N8: un risque d'introduction en France « au minimum modéré », selon l'Anses

Selon un avis de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) paru le 21 novembre, le risque d'introduction de la grippe aviaire H5N8 en France métropolitaine (y compris la Corse) est « au minimum modéré ». Le risque est « plus élevé » dans toutes les « zones à risque particulier », qui, dans cette période de pic migratoire, accueillent et sont quasiment toutes occupées par des oiseaux migrateurs. En conséquence, le ministère de l'Agriculture a annoncé, le 27 novembre, le renforcement des mesures de surveillance (signes cliniques) et de biosécurité (alimentation et abreuvement) dans les élevages français, et pris la décision d'élever le niveau de risque « influenza aviaire » au niveau « modéré  ». Pour l'Anses, comme pour l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la contamination par l'avifaune migratrice est de loin la plus probable.