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Levée de boucliers contre la révision de la législation européenne sur la biodiversité

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Malgré l’appel de neuf États membres de l’UE (1) et des coordinateurs des principaux groupes politiques de la commission de l’environnement du Parlement européen à ne pas réviser la réglementation de l’UE en matière de biodiversité, la Commission européenne maintient dans son programme de travail pour 2016 le bilan de santé des directives Habitats et Oiseaux.

Dans un projet de rapport d’initiative sur la question qui sera discuté le 9 novembre, l’eurodéputé Mark Demesmaeker (conservateurs et réformistes, Belgique) estime que le problème ne réside pas dans la législation elle-même, mais dans sa mise en œuvre qu’il juge « incomplète et inadéquate ». « Natura 2000 est un réseau encore relativement jeune, dont le plein potentiel est loin d’avoir été atteint », souligne-t-il. Il s’oppose donc à toute révision des directives européennes sur la nature qui compromettrait la mise en œuvre de la stratégie européenne sur la biodiversité, entraînant une longue période d’incertitude juridique et éventuellement un affaiblissement de la législation. Surtout, sans efforts supplémentaires considérables, l’UE sera incapable d’atteindre ses objectifs fixés pour 2020 en la matière.

Le parlementaire propose au contraire de renforcer les exigences de l’UE, notamment de mieux intégrer la biodiversité dans la politique agricole commune, appelant la Commission à surveiller, évaluer voire renforcer l’efficacité des mesures de verdissement du premier pilier et des mesures de développement rural.

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Commission européenne
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(1) Voir n° 3518 du 02/11/2015

Commission Juncker : une première année « perdue »

Greenpeace, les Amis de la Terre, le Bureau européen de l’environnement, le Réseau action climat, CEE Bankwatch Network et l’Alliance santé et environnement dressent un bilan très négatif de la première année de mandat de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne en matière de protection de l’environnement. C’est une « année perdue », déplorent les ONG qui pointent le manque d’engagement de l’UE pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et pour la production d’énergies renouvelables, sa volonté d’affaiblir la législation sur la protection de la biodiversité, la mise au second plan des questions environnementales dans les négociations d’un accord de libre-échange avec les États-Unis, le retrait début 2014 de la proposition sur l’économie circulaire (une nouvelle devrait être présentée début 2015) ou encore sa proposition inapplicable sur la renationalisation des autorisations d’importation d’OGM.