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Produits phytosanitaires Levée de boucliers contre l’interdiction des néonicotinoïdes

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Agriculteurs, semenciers et fabricants de produits phytosanitaires font front commun pour pousser la Commission européenne à revoir sa proposition de suspendre pour une durée de deux ans les insecticides néonicotinoïdes.

La proposition de la Commission européenne de suspendre pour une durée de deux ans l’autorisation des trois principaux insecticides néonicotinoïdes (1) suscite une levée de boucliers de la part du monde agricole : producteurs, semenciers, fabricants de produits phytosanitaires. Bruxelles a lancé cette initiative suite à la publication le 15 janvier d’un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments qui révèle que les néonicotinoïdes présentent un risque pour les abeilles (2). Un règlement pour limiter leur usage aux plantes non attractives pour les abeilles devrait être soumis au vote des experts nationaux du Comité permanent de la chaine alimentaire et de la santé animale le 25 février pour une entrée en vigueur le 1er juillet prochain. Mais le lobby agricole européen veut, sinon empêcher sa publication, au moins en limiter la portée estimant qu’une interdiction nuirait fortement à la compétitivité du secteur.

Des mesures d’atténuation

Dans une lettre adressée à la directrice générale de la santé et de la protection des consommateurs, le secrétaire général du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), Pekka Pesonen, prévient que son organisation « ne peut pas accepter une interdiction des néonicotinoïdes comme le propose la Commission ». Il s’engage par contre « à mettre en œuvre des mesures appropriées d’atténuation des risques pour répondre aux préoccupations sur la santé des abeilles ». Parmi les mesures proposées par le Copa-Cogeca : un engagement de la part des groupes phytosanitaires de mener des recherches visant à limiter les impacts négatifs sur les abeilles ; que l’enrobage des semences ne soit réalisé que par des professionnels pour en assurer la qualité ; un étiquetage renforcé des semences traitées ; une amélioration des équipement de semis afin de réduire les poussières dégagées ; l’enregistrement de tous les traitements réalisés par les agriculteurs ; ou encore le lancement d’un plan européen de surveillance à long terme de la santé des abeilles. Avant de prendre toute décision, le Copa-Cogeca demande une analyse d’impact des mesures proposées ainsi qu’une étude des données de surveillance déjà disponibles dans les États membres. Enfin, en ce qui concerne la question de l’application des produits par pulvérisation, « les propositions de la Commission vont bien au-delà de l’estimation du risque identifié par l’Efsa dans son avis scientifique », soulignent les organisations agricoles européennes.

Manque de preuves

L’association des semenciers européens (ESA) demande, elle aussi, à la Commission européenne de reconsidérer « sa proposition disproportionnée, qui peut ne pas améliorer la santé des abeilles, mais qui endommagera la productivité et la compétitivité des agriculteurs en Europe ».
La proposition de Bruxelles « n’est pas fondée sur des preuves scientifiques solides », estime pour sa part l’Association européenne de protection des plantes (ECPA) qui assure que « des études de suivi indépendantes dans un certain nombre d’États membres ont montré clairement que l’utilisation correcte des insecticides néonicotinoïdes n’a pas d’impact du tout sur les populations d’abeilles ».

(1) Voir n° 3384 du 04/02/2013
(2) Voir n° 3382 du 21/01/2013

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