Suite à un avis favorable du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé des animaux de l’UE rendu en mars dernier, la Commission européenne a décidé de lever à partir du 3 mai l’embargo sur le bœuf britannique instauré en mars 1996 au plus fort de la crise de la vache folle. « », s’est réjoui Anthony Gibson, le porte-parole du syndicat agricole NFU.
Le Royaume-Uni est autorisé à reprendre ses exportations de bovins sur pied nés après le 1er août 1996, date à laquelle l’Union avait décrété l’interdiction des exportations d’aliments pour animaux à base de farine de viande et d’os. De même, la viande et les dérivés carnés britanniques produits après le 15 juin 2005 peuvent désormais être exportés librement.
En 1999, le Royaume-Uni avait été autorisé à exporter de la viande bovine et des dérivés carnés issus d’animaux nés après le 1er août 1996 pour autant qu’une série de conditions rigoureuses soient respectées : les animaux devaient être âgés de 6 à 30 mois, leur origine et leur parcours devaient être parfaitement connus et leurs mères ne devaient pas être atteintes d’ESB. Enfin, la viande prélevée sur des animaux de plus de neuf mois devait être désossée.
L’une des conditions à la levée totale de l’embargo était que le Royaume-Uni affiche une incidence de l’ESB inférieure à 200 cas par million de têtes par an. Depuis 1987, le Royaume-Uni a enregistré plus de 182 000 cas d’ESB (224 en 2005). À titre de comparaison, moins de mille cas ont été recensés en France (31 en 2005).
Soulagement des producteurs britanniques
La levée de l’embargo sur le bœuf suscite le soulagement des éleveurs après dix ans d’interdiction d’exporter leur production. « C’est le plus beau jour pour l’agriculture britannique depuis des années », s’est réjoui Anthony Gibson, le porte-parole du syndicat paysan NFU : « C’est la fin de dix ans de traversée du désert pour le secteur bovin britannique».
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Le retour du bœuf britannique dans les assiettes européennes devrait être lent, a toutefois prédit le comité anglais bovin et ovin (EBLEX). Une réorganisation de certains courants d’échanges entre divers pays européens est néanmoins rapidement prévisible du fait d’un apport supplémentaire de viande sur le marché britannique.
En effet, la levée de l’embargo va se traduire notamment par l’arrêt de la destruction systématique des vaches laitières et des vaches allaitantes de plus de trente mois outre-Manche. Il devrait s’en suivre le retour d’une production de 140 000 à 150 000 tonnes de viande très prisée par l’industrie de transformation. L’essentiel de cette production devrait être utilisé au Royaume-Uni qui, ces dernières années, avait dû s’approvisionner à l’extérieur, notamment en Irlande, pour combler son déficit pour la viande issue de vaches de réforme.
De, plus on peut s’attendre à un retour progressif des jeunes veaux nés au Royaume-Uni sur le continent, notamment en France et aux Pays-Bas. Quelque 200 000 têtes de jeunes veaux pourraient être exportées à terme par le Royaume-Uni vers les autres États membres en vue de leur engraissement.