Pour leur première réunion de l'année et sous présidence lettone, les ministres de l'agriculture de l'UE débattront de l'évolution des marchés, y compris l'impact de l'embargo russe. L'avenir du secteur du sucre est également à l'ordre du jour, à la demande de l'Italie.
LE ministre letton de l'agriculture, Janis Duklavs, présidera sa première session du Conseil de l'UE le 26 janvier, et présentera à cette occasion son programme pour le semestre (1). Les Vingt-huit, qui aborderont aussi le dossier de la pêche, débattront de l'évolution des marchés agricoles, y compris l'impact de l'embargo décrété le 6 août dernier par la Russie sur les produits agroalimentaires de l'Union (ainsi que des États-Unis, du Canada, de l'Australie et de la Norvège) (2). L'avenir du secteur du sucre est également à l'ordre du jour, à la demande de l'Italie qui compte faire part de ses préoccupations à ce sujet.
Embargo russeUn questionnaire a été préparé par la présidence pour l'échange de vues du Conseil sur la situation des marchés agricoles. Les ministres devront notamment signaler quelles sont leurs « principales priorités pour de nouvelles mesures », sur la base d'une évaluation précise des « effets respectifs de l'embargo russe en tant que tel et d'autres facteurs éventuels ».
Au-delà des mesures déjà prises par Bruxelles face à l'embargo russe, les États membres ont fait part ces dernières semaines de leurs préoccupations pour trois secteurs, rappelle la présidence lettone (3).
Pour le porc, plusieurs d'entre eux demandent l'instauration d'aides au stockage privé.
Pour les fruits et légumes, certains réclament une compensation des pertes de revenu des producteurs (aubergines, pommes de terre, choux et oignons notamment), et souhaitent que les exploitants individuels reçoivent la même aide que celle octroyée aux organisations de producteurs en cas de retrait du marché (autre que pour la distribution gratuite).
Pour le lait, certains États membres demandent que les pertes des éleveurs soient atténuées, entre autres en autorisant le paiement du super-prélèvement en plusieurs tranches sans intérêts, précise la présidence (4).
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L'Italie compte demander à la Commission européenne, lors de ce Conseil agricole, d'« ouvrir, dès maintenant, un débat à haut niveau et approfondi » sur la situation inquiétante du secteur de la betterave et du sucre et d'« évaluer la possibilité de prendre des mesures extraordinaires afin d'assurer une transition en souplesse en vue de la fin des quotas en 2017 ».
Dans une note destinée à ses partenaires, elle souligne que les prix du sucre dans l'UE ont chuté de 38,6 % entre janvier 2013 et octobre 2014 (de 738 €/tonne à 453 €/t) et devraient, selon les prévisions de Bruxelles, tomber à 408 €/t à l'échéance des quotas. Une situation dont les conséquences négatives seront « considérables » dans certains États membres, dont l'Italie.
« L'industrie du sucre n'aura plus la possibilité d'assurer un prix durable pour la betterave, avec le risque que les usines ne disposent pas de la matière brute leur permettant de fonctionner d'une manière compétitive », avertit l'Italie, qui souligne « la nécessité d'assurer une transition responsable vers le nouveau système de production sans quotas qui débutera le 1er octobre 2017 ».
(1) Voir n° 3479 du 12/01/14
(2) et (4) Voir même numéro
(3) et (4) Voir n° 3476 du 22/12/14