Après avoir entièrement refait l’année dernière, pour 10 millions d’euros d’investissements, l’usine embarquée de son navire surimi, le Joseph Roty II, le plus vieil armement de Saint-Malo, Comapêche, a changé de raison sociale et créé sa propre marque.
Depuis le début 2005, la société malouine Comapêche a pris le nom de Compagnie de Pêche Saint-Malo, et son estampille est apparue sur une partie des produits de surimi qu’elle commercialise en grande distribution. C’est sa filiale, « Comaboko », située également dans la cité corsaire, qui commercialise près de 8000 tonnes de surimi par an.
L’entreprise ne va pas déshabiller quelques MDD pour disposer des volumes nécessaires à alimenter sa propre marque. Avec la nouvelle usine embarquée du Joseph Roty II, elle dispose en effet d’une capacité théorique de 4 000 tonnes de surimi base par an contre 2500 t auparavant.
Sur un marché plutôt concentré en France, estimé en 2003 par l’Adisur (Association pour le développement des industries du surimi) à environ 44 000 tonnes, pour une production nationale de 37 500 tonnes, la Compagnie de Pêche Saint-Malo compte bien mettre en avant la traçabilité qu’elle maîtrise de la pêche à la mise en marché pour imposer sa marque.
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Au nouvel intervenant, les acheteurs demandent de se distinguer, soit par des garanties à toutes les étapes de la transformation, soit sur les recettes. « Nous avons lancé une première série de produits, comme ce surimi mélangé à des crevettes, notre seconde activité – nos 24 crevettiers congélateurs en pêchent 1800 tonnes par an à partir de la Guyane –, ou encore un surimi fumé », explique Patrick Soisson.
D’autres recettes à la marque d’entreprise devraient être proposées aux clients de la grande distribution. Avec 600 salariés dont 220 marins, la Compagnie de Pêche Saint-Malo travaille aussi, outre le surimi et les crevettes, près de 1100 tonnes de filets de poisson (églefin, lieu noir…) distribués essentiellement dans les circuits spécialisés dédiés à la surgélation.
L’armement malouin qui exploite au total 27 navires a réalisé l’an passé 50 millions d’euros de chiffre d’affaires dont près de 20 % ont été exportés, principalement vers l’Espagne.