L’excédent agroalimentaire français est en repli d’un demi-milliard d’euros en 2004 par rapport à 2003. Les boissons et les viandes, dont les excédents diminuent, et les fruits, dont le déficit s’aggrave, contribuent le plus à la dégradation du solde général des échanges agroalimentaires.
Les exportations (39,4 milliards d’euros) ont fléchi de 259 millions par rapport à 2003, alors que les importations (31,4 milliards d’euros) ont progressé de 200 millions, a indiqué le ministère de l’Agriculture le 15 février. L’excédent agroalimentaire, qui atteignait 8,5 milliards en 2003 et 2002, est retombé à 8 milliards en 2004.
La hausse des importations de viande bovine est déjà là
Les exportations de vins et champagne enregistrent une baisse significative (-0,3 milliard d’euros). Après avoir bénéficié en 2003 du millésime 2000, les ventes de vins rouges de Bordeaux se sont repliées de 25% dans un contexte de baisse des cours. À l’inverse, la progression de 4% des ventes de champagne est due uniquement à la hausse des prix. Les produits à base de céréales, en particulier les produits de l’amidonnerie et les céréales transformées, affichent la plus forte hausse (+ 0,1 milliard).
Les importations de produits agricoles transformés (22,9 milliards d’euros) se sont accrues d’un demi-milliard d’euros par rapport à 2003 (+2%). Cette hausse est surtout alimentée par les achats de viandes (+0,3 milliard). La réduction des disponibilités entraîne une contraction des exportations françaises de gros bovins (-127 millions), essentiellement vers l’Italie et l’Espagne, explique-t-on. «Favorisées par la réduction de la production nationale, les importations de viande bovine augmentent de 20%», précise le ministère. Comme on le voit, le repli de la production de viande bovine en Europe et en particulier en France, a déjà des répercussions, avant même les arrivages plus massifs en provenance du Mercosur, que l’UE est en train de négocier.
Accroissement du déficit des fruits en 2004
L’excédent des échanges de produits agricoles bruts atteint 1,7 milliard d’euros en 2004. Il a perdu 98 millions par rapport à 2003. Les exportations (10,1 milliards d’euros) ont fléchi de 371 millions (-4%). Une bonne partie de ce fléchissement est imputable aux fruits (-139 millions). « La concurrence étrangère pèse sur les exportations françaises de pommes dont la diminution (-80 millions d’euros) est toutefois limitée par la hausse des prix », commente le ministère. À l’inverse, la baisse des prix accentue le recul des exportations de pêches et nectarines (-33 millions). Ces baisses se concentrent sur les principaux pays clients : le Royaume-Uni pour les pommes et l’Allemagne et la Belgique pour les pêches et nectarines.
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«Nos importations de fruits ont progressé (+122 millions), en particulier celles d’agrumes et de pommes et poires», ajoute le ministère. Les arrivages de pommes (Golden et Granny Smith) se sont accrues en provenance d’Espagne, des Pays-Bas et de Belgique. Ceux de poires ont augmenté en provenance d’Afrique du Sud, d’Argentine, des Pays-Bas et de Belgique.
Enfin, c’est avec l’Arabie Saoudite et les États-Unis que la dégradation du solde a été la plus importante en 2004. «L’Arabie Saoudite achète moins de céréales (orge, maïs) et de viandes de volaille. Les États-Unis, qui réduisent considérablement leurs achats de vins rouges de Bordeaux (-152 millions d’euros par rapport à 2003), demeurent cependant notre première source d’excédent hors Union européenne avec un solde de 1,5 milliard d’euros devant le Japon (940 millions)».
Le ministère de l’Agriculture note une « légère reprise des échanges en décembre ». Les exportations (3,4 milliards d’euros) comme les importations (2,8 milliards) ont augmenté de 1%. À l’exportation, les céréales (maïs, blé), la viande de porc et les boissons ont enregistré les plus fortes hausses par rapport à décembre 2003, tandis qu’à l’importation, ce sont les viandes, les tabacs et la biscuiterie qui ont progressé.