La campagne d’exportation de pommes de terre semble bien partie, ont souligné le 13 janvier les dirigeants du secteur, en présentant les prochaines journées internationales techniques et commerciales de la pomme de terre, qui se tiendront en septembre prochain dans l’Aisne.
La pomme de terre française s’exporte de mieux en mieux. L’Hexagone exporte plus d’un million de tonnes de pommes de terre (1,1 million de tonnes durant la campagne 2002/03), contre 300 000 à un demi-million de tonnes par an durant la dernière décennie, ont souligné Aymard de Montigny, directeur technique du CNIPT (Comité national interprofessionnel de la pomme de terre) et Hugues Pouzin, directeur de Fédépom, la fédération du négoce.
Malgré des prix en hausse
La filière progresse à l’export parce qu’elle a mis au point des variétés moins basiques que la Bintje (variétés à chairs fermes notamment) et qu’elle s’impose des cahiers des charges rigoureux, comme par exemple pas plus d’une culture tous les quatre ans sur la même parcelle. De même, pour éviter de donner une saveur sucrée, les bâtiments de stockage ne doivent pas descendre en-dessous d’une température de 4,5 degrés, sinon l’amidon se transforme en sucre. Or, les pommes de terres à saveur sucrée, si elles correspondent au goût des pays nordiques, notamment anglais, ne conviennent pas du tout aux traditions culinaires des pays latins.
Justement, les premiers clients de la France sont l’Espagne et l’Italie. « Nous avons exporté 330 000 tonnes depuis le début de la campagne à fin novembre, dont 50% à l’Espagne», a relaté Hugues Pouzin, citant les Douanes. L’Espagne représentera probablement un tiers des exportations, comme lors des précédentes campagnes. La Grèce, avec 50 000 tonnes par an, est un marché récent. Le Royaume-Uni en importe 100 000 tonnes. Et l’Allemagne, qui est le premier pays producteur de l’UE, en acheté 92 000 tonnes à la filière française, principalement en chairs fermes. « Nous commençons à exporter en Roumanie, Tchéquie et Russie», a ajouté Hugues Pouzin.
« Et pourtant , nous sommes les plus chers d’Europe ! », s’est exclamé M. de Montigny. Visiblement, la qualité permet de justifier des prix élevés. La filière française a mis au point une norme Afnor, suivie par environ un tiers de la production. Elle travaille avec la filière de la pomme et avec Prince de Bretagne pour faire reconnaître les normes françaises auprès de l’organisme international EurepGap.
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L'heure est aux investissements
Par ailleurs, la consommation française repart, d’après les sondages de Sécodip.
Les prix élevés, malgré des quantités moins abondantes en 2003, ont contribué au revenu des producteurs, à telle enseigne que « nous sommes entrés dans une année d’investissements (machinisme, équipements d’irrigation, bâtiments de stockage) », a commenté le directeur technique du CNIPT
Les plants de pommes de terre marquent des points également à l’export. Jusqu’aux années 1990, les Pays-Bas étaient le principal exportateur. Mais de nouvelles variétés pour le marché du frais, comme la Spunta, deviennent une alternative à la Bintje. De même de nouvelles variétés de pomme de terre de fécule prennent le pas sur la variété dominante. La filière française des palnts a exporté 10 000 tonnes de plus en 2002/03 que la campagne précédente à l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte), a indiqué Thierry Gokelaere, de la Fédération française des producteurs de plants (FNPPPT). Des contacts sont en cours avec le Liban, l’Arabie Saoudite, le Brésil.
Les journées internationales techniques et commerciales de la pomme de terre se tiendront les 1er et 2 septembre à Villiers Saint-Christophe. Les dernières se sont tenues en septembre 2001.