Voici enfin le dispositif juridique de la certification Haute Valeur Environnementale ou HVE. Il aura fallu entre trois et quatre ans pour aboutir à ce dispositif. L’ambition est grande, en apparence : faire adopter par le plus grand nombre d’agriculteurs des pratiques vertueuses pour l’environnement, en réduisant l’utilisation des intrants chimiques et en réservant une part de terres à la biodiversité. Sensiblement moins que du bio, sensiblement plus que l’agriculture conventionnelle. Un cahier des charges, même pour son troisième niveau, qui doit devenir accessible au plus grand nombre.
Pourtant, cette certification naît dans des conditions difficiles : entre le tir à vu émanant des adeptes du bio et l’indifférence du syndicalisme à vocation générale la place laissée à la HVE est bien mince.
Côté pouvoirs publics on ne peut faire autrement que de la mettre en œuvre. Mais ses objectifs ne cadrent plus très bien avec des propos présidentiels qui jugeaient que l‘environnement en agriculture « ça commence à bien faire ». On préfère aujourd’hui mettre le paquet sur des dispositifs purement économiques comme la contractualisation.
La situation économique elle-même ne se prête guère à des efforts de réduction des traitements de culture dans un contexte de prix du blé à près de 250 euros la tonne.
Et pourtant, quelle autre solution a-t-on pour faire de réels progrès environnementaux en agriculture ? On connaît les limites quantitatives du bio. On connaît les limites de comportement si la vertu écologique n’est pas récompensée. La HVE, notamment dans son troisième niveau qui inclut l’étiquetage des produits, permet de surmonter ces deux écueils. Encore faudrait-il une réelle volonté politique. Qui va la porter ?

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