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Gaspillage alimentaire À l'heure où Bruxelles peaufine sa stratégie, de nouvelles initiatives voient le jour

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Alors que la Commission européenne poursuit la mise en œuvre de son Plan d'action pour lutter contre le gaspillage alimentaire, un grand nombre d'initia-tives privées sont menées pour lutter contre ce phénomène. La dernière en date en Europe : le lancement, le 6 juin à Copenhague, du « Food Loss and Waste Protocol » (« Protocole sur les pertes et le gaspillage alimentaires »). Un partenariat, international et multipartite (1), qui affirme avoir développé des normes globales pour mesurer les pertes et le gaspillage alimentaires d'une façon qui se voudrait « pratique, fiable et cohérente ».

Le gaspillage alimentaire a lieu tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire : lors de la production et de la distribution, dans les magasins, les restaurants, la restauration collective et au sein des ménages. Il est de ce fait particulièrement difficile à quantifier : à l'heure actuelle, dans la mesure où il n'existe pas de méthode harmonisée et fiable pour mesurer le gaspillage alimentaire dans l'Union, il est plus difficile pour les pouvoirs publics d'en évaluer l'ampleur, les origines et son évolution dans le temps. Et sans une compréhension commune et largement répandue des problèmes de gaspillage alimentaire, le succès des programmes et des interventions pour limiter ce phénomène risque d'être compromis. Comme on le sait, la prévention des déchets alimentaires est une partie intégrante du Plan d'action de l'UE en faveur de l'économie circulaire, présenté le 2 décembre 2015. L'UE et les États membres se sont par ailleurs engagés à atteindre les objectifs de développement durable (ODD), adoptés le 25 septembre 2015 par l'assemblée générale de l'ONU, y compris un objectif de réduire de moitié les déchets alimentaires par habitant au niveau de la distribution et de la consommation d'ici 2030. Dans ce contexte, le lancement, le 6 juin à Copenhague, du « Food Loss and Waste Protocol » (« Protocole sur les pertes et le gaspillage alimentaires »), apporte une pierre à l'édifice.

MÉTHODOLOGIE EUROPÉENNE COMMUNE PRÉSENTÉE COURANT 2016

Parmi les mesures visant à réduire le gaspillage alimentaire en Europe, la Commission prévoit notamment « une méthode commune de mesure », une amélioration des pratiques en matière d'indication de la date de consommation des produits alimentaires et des instruments pour atteindre l'objectif mondial de développement durable.

Les États membres devraient mettre en place des mesures spécifiques de prévention et mesurer les progrès accomplis dans la réduction du gaspillage alimentaire. Afin de faciliter l'échange de bonnes pratiques dans l'ensemble de l'UE, à la fois entre les États membres et entre les exploitants des entreprises du secteur alimentaire, des méthodes uniformes devraient être établies pour ce type de mesures. Actuellement, les services de la Commission poursuivent leurs travaux pour établir une méthodologie européenne commune pour mesurer le gaspillage alimentaire et définir des indicateurs pertinents. Celle-ci sera présentée dans le courant de l'année 2016.

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PARTAGE DES MEILLEURES PRATIQUES ET ÉVALUATION DES PROGRÈS

La Commission va prochainement mettre sur pied une « Plateforme sur le gaspillage alimentaire » associant les États membres et les acteurs concernés (2) en vue de soutenir la réalisation de l'objectif de développement durable de l'ONU sur le gaspillage alimentaire, grâce au partage des meilleures pratiques et à l'évaluation des progrès accomplis au fil du temps. La Commission prendra par ailleurs des mesures pour clarifier la législation de l'UE relative aux déchets, aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux et facilitera les dons alimentaires ainsi que l'utilisation d'anciennes denrées alimentaires et de sous-produits provenant de la chaîne alimentaire dans la production d'aliments pour animaux. Elle examine en ce moment les moyens d'améliorer la façon dont les acteurs de la chaîne d'approvisionnement alimentaire utilisent l'indication de la date de consommation des produits alimentaires et la façon dont les consommateurs comprennent cette indication, et notamment la mention « à consommer de préférence avant le ».

(1) Il comprend notamment des organismes gouvernementaux, de nombreux fabricants et distributeurs, dont la société Nestlé, mais aussi Unilever et Tesco notamment, la FAO, des institutions universitaires et des ONG. Ses travaux ont été coordonnés par l'organisme de recherche, « World Resources Institute » (WRI). Le développement des normes en matière de pertes et gaspillage alimentaires a été financé par l'Agence danoise pour le développement international (Danida). (2) Un appel à candidatures pour les organisations du secteur privé, en collaboration avec des entités publiques, pour établir une « Plateforme européenne sur les pertes alimentaires et le gaspillage alimentaire », a été clôturé le 27 mai 2016. Sa composition finale sera présentée dans les prochains mois.