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L'horticulture veut des garanties sur l'eau et l'énergie

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L’interprofession du végétal, Valhor, veut bénéficier de dérogations sur les restrictions d’arrosage en période de sécheresse et d’une protection contre d’éventuels délestages d’électricité cet hiver.

À l’instar des autres filières agricoles, l’interprofession du végétal Valhor (horticulture, fleuristerie, paysage), qui tenait son assemblée générale le 19 octobre, est particulièrement préoccupée par les sujets de l’énergie, de l’eau et du pouvoir d’achat en cette fin d’année 2022. Elle demande notamment aux pouvoirs publics des dérogations sur les restrictions d’arrosage en période de sécheresse, soulignant les effets délétères pour la filière des arrêtés pris cet été par les préfectures. « Il faut tirer les leçons de cet été catastrophe », affirme la présidente de Valhor, Catherine Muller. La filière veut également travailler sur la réutilisation des eaux usées et sur les pertes d’eau via les réseaux enterrés.

Sur l’énergie, l’interprofession appelle le gouvernement à protéger la filière d’éventuels délestages cet hiver. La hausse des prix affecte principalement la production sous serre. « Les dépenses énergétiques représentent 11 % des charges de production en temps normal. Et à l’heure actuelle, elles triplent », alerte Catherine Muller. Aux Pays-Bas, les producteurs sous serre ont « de fortes chances d’arrêter leur production cet hiver parce qu’ils n’ont pas d’aides », signale-t-elle. Or, la France y achète une grande partie de ses jeunes plants. Autre conséquence : l’absence des produits hollandais sur le marché contribuerait à augmenter le prix des fleurs coupées, déjà renchérit par la hausse des coûts de l’énergie. Or, les professionnels craignent que les consommateurs freinent leurs achats sur ces produits « plaisir ».

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Les OP horticoles bientôt reconnues

Intervenant en clôture de l’assemblée générale, Marc Fesneau s’est engagé à ce que le décret permettant la reconnaissance des organisations de producteurs dans le secteur horticole soit publié « très rapidement ». « Il y a un sujet de validation juridique mais nous sommes au bout du chemin », a informé le ministre de l’Agriculture. « Le renforcement de la structuration de l’amont agricole à travers la reconnaissance des organisations de producteurs est une priorité du gouvernement », a rappelé Marc Fesneau.

En ce qui concerne la PAC, « la filière a toute légitimité à être incluse dans les programmes opérationnels (PO) », estime le ministre. Cette nouveauté permet de soutenir des projets portés par des OP avec des aides directes. Réputée « discrète », l’interprofession du végétal veut prendre une nouvelle ampleur, explique Catherine Muller. Ces dernières années, Valhor « a quasiment doublé ses effectifs humains ». La présidente se félicite de l’écoute nouvelle des pouvoirs publics. « Le ministre a bien noté nos préoccupations », remarque-t-elle.

« Il faut tirer les leçons de cet été catastrophe »