Abonné

Malaisie L’huile de palme face au défi de la demande mondiale en oléagineux

- - 3 min

L’accroissement de la population et l’essor des classes moyennes dopent les besoins mondiaux en oléagineux. Culture la plus productive, le palmier à huile apparaît comme un sérieux candidat pour y répondre. La Malaisie engage un plan d’action pour doper ses rendements.

Comment répondre à la demande galopante en oléagineux avec une pénurie de terres arables dans le monde ? L’huile de palme apparaît comme la meilleure solution, juge-t-on en Malaisie. C’est la culture la plus productive, à 4,01 t/ha de rendement en huile. Le soja fait dix fois moins bien (0,40 t/ha), le tournesol (0,57 t/ha) et le colza (0,73 t/ha) sont aussi loin derrière. Des écarts amenés à croître, vu les ambitions affichées par le deuxième producteur mondial. La Malaisie veut doper son rendement en huile de palme, les surfaces ayant tendance à plafonner. « Nos meilleures plantations atteignent régulièrement 6 à 8 t/ha, signale Yusof Basiron, le président du Conseil malaisien de l’huile de palme (MPOC). L’objectif est de porter le rendement national de 4 t/ha à 6 t/ha d’ici 2020. Cela nécessite de sensibiliser les producteurs aux bonnes pratiques, notamment sur l’apport d’engrais. La recherche est aussi indispensable. »
 
Des actions depuis l’amont jusqu’en aval
L’enjeu est de satisfaire des besoins croissants en huiles et graisses sur le marché international, en lien avec l’accroissement de la population et l’essor des classes moyennes. La consommation mondiale est déjà passée de 18,9 kg par habitant en 2001 à 25,9 kg par habitant en 2012. Un programme d’action, conduit par les autorités malaises, vise à augmenter la productivité à la fois dans les champs et les usines. Il s’agit de passer de 18,9 à 26,2 tonnes de fruits par hectare et de 20,4 % à 23 % de taux d’extraction de l’huile à l’horizon 2020. Au delà d’une formation des petits producteurs, le plan s’appuie sur la création de coopératives. Elles sont au nombre de 23, regroupant 43 000 adhérents, et 7 devraient voir le jour en 2013. Des agents officiels sont envoyés dans les moulins pour contrôler la qualité des fruits livrés. Si le degré de maturité est insuffisant, les lots sont rejetés. En parallèle, une certification est mise en place pour assurer une bonne qualité d’extraction de l’huile. Plus de 240 moulins sur un total de 349 sont concernés.
Une autre démarche consiste à replanter et à mettre en place de nouvelles palmeraies. 365 000 ha sont visés sur trois ans, répartis à parts égales. Il s’agit d’abaisser de 7 % à 5 % le taux de palmiers à huile âgés de plus de 25 ans, dont la productivité est moindre. Environ 80 000 familles rurales à bas revenus devraient bénéficier de cette mesure.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.