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Libre-échange : Bruxelles confirme les bénéfices substantiels pour l’agriculture

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Après plusieurs mois d’attente, Bruxelles a enfin publié les résultats de son étude sur l’impact des accords de libre-échange pour l’agriculture. Si d’une manière générale, elle estime que les accords commerciaux engendrent des bénéfices substantiels pour l’agriculture, certains secteurs seront mis en concurrence. Mais pour la Commission européenne, cela valide sa politique de contingents tarifaires.

La Commission européenne a finalement publié, le 22 février, son étude sur l’impact cumulatif des accords de libre-échange de l’UE pour l’agriculture. Très attendue depuis plusieurs mois par les professionnels et les États membres mais plusieurs fois repoussée en raison du contexte agricole dans l’UE, elle confirme les résultats des précédentes analyses. À savoir : la politique commerciale de l’UE offre de nouvelles perspectives aux exportateurs agroalimentaires de l’UE, diversifie les sources d’importation et améliore la résilience des chaînes d’approvisionnement alimentaire de l’UE. Ce document du centre commun de recherche (JRC) est la deuxième mise à jour (après 2021) d’une étude publiée en 2016. Elle analyse, cette fois, l’impact de dix accords commerciaux de l’UE en cours de négociation ou récemment conclus (Australie, Chili, Inde, Indonésie, Malaisie, Mercosur, Mexique, Nouvelle-Zélande, Philippines et Thaïlande) d’ici 2032. Deux scénarios sont utilisés : un ambitieux (libéralisation pour 98,5 % des produits et réduction des droits de douane de 50 % pour les restants) et un conservateur (libéralisation de 97 % et une réduction tarifaire de 25 % pour les autres produits).

Gagnants et perdants

D’une manière générale, les auteurs de l’étude estiment que les accords de libre-échange analysés devraient bénéficier au secteur agroalimentaire de l’UE. Ainsi, dans le cadre du scénario ambitieux, le rapport indique que les exportations de produits transformés augmentent de 2,1 % (soit 1,3 Md€) par rapport au scénario de référence de 2032, et celles de boissons alcoolisées de 1,6 % (soit 654 M€). En outre, il est précisé que les exportations des produits laitiers et de la viande porcine de l’UE augmentent de manière significative, ce qui entraîne des conséquences positives à la fois pour la production et les prix à la production en 2032.

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Lire aussi : Accords de libre-échange : un impact positif sur l’agriculture de l’UE, selon Bruxelles

Toutefois, la vulnérabilité de certains secteurs est mentionnée. Pour la viande bovine, l’analyse montre une hausse importante de la valeur des importations de bœuf de l’UE dans les deux scénarios – de 21 % (467 M€) et de 24 % (529 M€) respectivement – dont les pays du Mercosur assumeraient la majeure partie. Même schéma pour la volaille où le Mercosur et la Thaïlande devraient être des acteurs importants. Concernant le secteur du sucre, l’étude montre que les flux commerciaux sont affectés par l’accord avec le Mercosur dans les deux scénarios (augmentations des importations de 115 M€), en raison notamment du poids du Brésil. Pour Bruxelles, ces résultats valident son approche de protection systématique des secteurs sensibles via la mise en place de « contingents tarifaires soigneusement calibrés », et ce, en dépit des scénarios de libéralisation qui ne permettent pas de les prendre totalement en compte dans l’analyse.