Affectés par les effets cumulés des accords de libre-échange conclus avec l’UE et les pays de l’Asie-Pacifique, les 4 800 producteurs canadiens de volailles et d’œufs recevront, a annoncé le gouvernement fédéral le 28 novembre, une aide de 691 M$ (444 M€) étalée sur dix ans. Celle-ci viendra colmater les brèches du système national de « gestion de l’offre », lancé dans les années soixante-dix, qui n’a pas été capable de contrôler efficacement la production et les prix avec ses quotas annuels et à des taxes à l’importation. La ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a notamment indiqué que cette aide prendra la forme de programmes d’investissement et d’un soutien à l’introduction sur le marché.
Elle a également annoncé une accélération des versements de l’aide de 1,75 Mrd $ accordée en 2019 aux quelque 10 000 producteurs laitiers du pays. Ceux-ci avaient reçu l’an dernier une première tranche d’aide de 345 Mio $ et les 1,4 Mrd $ restants leur seront versés sous forme de paiements directs dans les trois prochaines années. À titre d’exemple, le propriétaire d’un élevage de 80 vaches recevra une compensation d’environ 38 000 $ (24 000 €) par année, a-t-elle précisé. De leur côté, les producteurs laitiers affirment que d’ici 2024, c’est 18 % de la production laitière nationale qui seront remplacés par l’importation de produits laitiers issus de pays tiers.
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La ministre de l’Agriculture canadienne a précisé que « l’aide octroyée ne constitue pas une compensation aux pertes financières qui pourraient découler du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique ». Sur ce point, elle a évoqué des compensations proportionnées et équitables tout en indiquant qu’Ottawa fera de même pour les transformateurs encadrés par la « gestion de l’offre » pour les trois accords de libre-échange. Enfin, elle a assuré que « dans le cadre de l’accord de principe trouvé avec le Royaume-Uni le 21 novembre (1), aucune part de marché sous gestion de l’offre n’a été cédée ».
(1) Voir n° 3768 du 30/11/2020