La prochaine session des négociations de libre-échange entre l’UE et le Mercosur aura lieu début octobre, mais les deux parties feront le point en septembre sur les offres d’accès au marché, question particulièrement délicate s’agissant des produits agricoles.
Des inquiétudes ont de nouveau été exprimées lors du Conseil agricole de l’UE, le 18 juillet, notamment par la Pologne, l’Irlande, la Belgique, la France, la Grèce et l’Autriche, à propos du sort qui pourrait être réservé aux secteurs les plus sensibles – bœuf, sucre, éthanol, vin, respect du bien-être animal – dans les négociations de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Cette question n’a pas fait l’objet de « discussions spécifiques » entre les deux parties « ces derniers mois », a confirmé Phil Hogan aux ministres, ajoutant que le bloc sud-américain « doit modérer ses attentes sur ce qui est gérable et acceptable pour l’agriculture de l’UE ».
Les négociateurs reviendront sur les offres réciproques d’accès au marché, qui datent de mai 2016 (1), lors d’une réunion de travail du 4 au 8 septembre à Bruxelles, avant un quatrième cycle de pourparlers (depuis qu’ils ont été relancés en 2010) prévu du 2 au 6 octobre à Brasilia. Il n’y aura pas de libéralisation complète sur des produits sensibles comme le bœuf ou l’éthanol, assure-t-on du côté européen.
Tenter de conclure en décembre
L’UE et le Mercosur ont l’ambition de conclure en décembre, au moins dans les grandes lignes, leur accord de libre-échange en marge de la conférence ministérielle de l’OMC en décembre à Buenos Aires. À l’issue du troisième cycle de pourparlers, du 3 au 7 juillet à Bruxelles, le négociateur brésilien, Ronaldo Costa, dont le pays a pris le 14 juillet la présidence du bloc sud-américain, a souligné n’être « pas opposé » à une solution semblable au récent accord commercial euro-japonais (2), à savoir « boucler les gros dossiers, en laissant en suspens quelques détails techniques qui demandent plus de temps ».
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Mais il faut être « réaliste », a-t-il averti : « Je ne pourrai pas dire que j’ai fini et ne pas savoir quel sera l’accès au marché pour le bœuf et l’éthanol ». Deux produits sensibles que la Commission de Bruxelles s’est résolue, à ce stade du moins, à exclure de son offre de concessions, sous la pression de nombreux États membres, de députés européens et des organisations agricoles.
(1) Voir n° 3545 du 09/05/16
(2) Voir n° 3603 du 10/07/16