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Semences Limagrain Europe accélère ses investissements industriels

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Le quatrième semencier mondial accélère ses investissements industriels, avec le début de construction en Turquie d'une nouvelle usine pour le tournesol d'à peu près 5 M d'euros, d'ici à début juin. Il affiche par ailleurs sa volonté de « persévérer » dans les biotechnologies.

«UN autre chantier concernant le maïs en Europe centrale sera annoncé dans quelques semaines », a révélé le directeur général Rémi Bastien face à la presse le 20 mai. La filiale des semences de grandes cultures du groupe coopératif Limagrain affirme ainsi son ambition à l'international. Il s'agit en maïs d'accroître ses positions sur l'Europe, après un gain de 50 % en volume sur trois ans dans la zone Est pour le segment grain, et de réussir l'expansion vers de nouveaux territoires, suite aux investissements des cinq dernières années au Brésil jusqu'en Chine, en passant par l'Inde, l'Afrique.

Concernant les céréales à paille, Limagrain veut maintenir son leadership en Europe, avec notamment des parts de marché de 16 % en blé tendre, 21 % en orge d'hiver. L'ambition est de construire parallèlement une position en blé hors de l'Europe. « On souhaite figurer parmi les quelques acteurs mondiaux pourvoyeurs de technologies », a aussi affirmé Rémi Bastien en évoquant les OGM.

Maïs résistant à la sécheresse

L'entreprise affiche une croissance annuelle de 11 % en chiffre d'affaires sur quatre ans, pour atteindre 560 millions d'euros. Deux espèces en sont les principaux moteurs : le maïs et le tournesol, lequel a vu ses volumes doubler en trois ans. « Nous allons développer de nouvelles lignées de maïs ensilage, axées sur le rendement et, ce qui fait notre particularité, la qualité pour produire du lait et de la viande », a souligné le directeur Marketing Europe Bruno Pouzet. En maïs grain, un programme de recherche doit aboutir d'ici cinq ans au lancement d'une variété conventionnelle résistante à la sécheresse. D'autres travaux portent sur l'optimisation de l'azote. La recherche OGM vise la résistance aux herbicides et insectes.

Limagrain Europe a fait de la culture du tournesol un axe stratégique de développement. Une plateforme de génotypage, surveillance, recherche spécifique a été créée à Toulouse, apportant une réponse à l'invasion d'orobranche, qui affecte des millions d'hectares en Europe. « L'intérêt pour l'agriculteur est d'accéder à de la génétique qui lui permet de contrôler l'apparition de nouvelles races du parasite », a-t-il expliqué.

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En pointe dans la recherche sur le blé

Le semencier observe des contraintes climatiques de plus en plus fortes pour le blé. Un autre défi est d'apporter des qualités spécifiques pour chaque marché. « Limagrain possède la plateforme de recherche en blé la plus large et variée au monde », a considéré Bruno Pouzet. Sur le long terme, il vise l'hybridation, avec l'introduction de traits agronomiques et, à échéance moins lointaine, relatifs à la qualité.

Un des grands enjeux de Limagrain touche à l'agriculture productive. « Le rendement est notre premier critère et le restera », a souligné Rémi Bastien, qui vise +1 à +2 % par an. Autre objectif, produire mieux grâce à des variétés tolérantes à la sécheresse, ou qui associent rendement et besoins limités en azote, ou encore résistantes à des parasites et maladies. Limagrain se veut aussi « inventif », via par exemple le développement d'un blé en relation avec un industriel du biscuit en Europe centrale.

Le semencier, qui consacre 13 % de son chiffre d'affaires à la recherche, affiche sa persévérance. « On restera dans les biotechnologies, qui demeurent un axe stratégique, en continuant à y investir », a insisté Rémi Bastien.