Abonné

Limagrain prêt à accompagner l'essor du marché chinois des semences

- - 3 min

Présent de longue date en Chine, le groupe Limagrain y réalise encore une part très faible de ses ventes. Mais il estime être prêt pour accompagner l'essor du marché des semences, qui devrait être profondément remanié par l'acquisition de Syngenta par ChemChina.

Limagrain, quatrième semencier mondial, entend bien tenir son rang en Chine. Après avoir commencé à produire des semences de maïs sous licence en 2012, il fêtera en juillet le premier anniversaire de sa coentreprise dans le secteur. Cette dernière est contrôlée d'une courte majorité par son partenaire, Gansu Hengji, comme c'est l'usage en Chine dans les semences, et emploie 40 personnes. « Notre présence en Chine remonte à 1997, et nos premiers investissements à 2002, avec la création d'une structure de recherche commune avec un institut issu d'une université. Mais il faut ensuite compter dix ans pour commercialiser les premiers hybrides », rappelle Marion Lespine, directrice générale de Limagrain en Chine.

S'en est suivie une histoire somme toute classique en Chine. Après s'être allié à Yuan Longping High-tech (connu notamment pour le riz), le groupe a dû faire machine arrière et trouver un nouveau partenaire. Qu'il a délibérément choisi petit pour garder un certain nombre de prérogatives sur la qualité de l'organisation et de la production. Mais à peine l'activité réellement lancée, que ChemChina annonce son projet de racheter Syngenta...

L'opération Syngenta / ChemChina change la donne

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

acquisition
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre

« Cette opération va accélérer la restructuration de l'industrie semencière chinoise, et va sans doute contribuer à faire évoluer les réglementations concernant les biotechnologies et les OGM, explique Marion Lespine. Nous nous préparions déjà à ces échéances, et nous allons accélérer. » La montée en puissance du groupe chinois peut aussi laisser espérer, à terme, une meilleure protection de la recherche et de l'innovation. Dans ce marché en pleine consolidation se pose à nouveau la question du choix du partenaire. Peut-être faudra-t-il tout de même envisager de nouer des liens avec une société plus importante. En attendant, Limagrain se félicite d'avoir signé un accord l'an passé avec Syngenta pour l'utilisation de certains de ses traits OGM. « Ce sera très certainement un atout pour nous sur le marché chinois », estime Marion Lespine.

Pour l'heure, l'Asie représente 5 % seulement des quelque 2,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires de Limagrain (exercice 2014/2015). Mais « la Chine va devenir un des piliers du groupe, et cela peut aller très vite », assure Marion Lespine. Les dernières évolutions réglementaires laissent espérer des autorisations de mise en marché plus faciles pour les semences développées par Limagrain. L'an prochain, l'équipe (Limagrain emploie 200 personnes en Chine) s'enrichira d'un sélectionneur de blé pour lancer ce marché. Et si les ventes de semences de grandes cultures doivent encore dégager des bénéfices dans l'ex-Empire du Milieu, celles de semences potagères sont déjà contributrices depuis nombreuses années. Reste son secteur boulangerie-pâtisserie (Limagrain est un des leaders du secteur en France avec notamment les marques Jacquet et Brossard), qui bénéficie d'un business manager en Chine depuis le 1er janvier. Ce qui pourrait, si tout se passe bien, amener le groupe à réfléchir à une implantation en Chine d'ici à deux à trois ans.