« L’innovation c’est avant tout un processus et non un produit, dans lequel il est crucial de faire participer l’agriculteur qui est le principal acteur », a expliqué d’emblée Nic Lampkin, conseiller en recherche, auditionné par les eurodéputés de la commission de l’agriculture le 18 février à Bruxelles sur la question du « soutien de l’UE à l’innovation dans le secteur agricole ». « À cette fin, nous devons faciliter la participation de la communauté agricole en réduisant la charge administrative, en améliorant l’accès au financement ou encore en utilisant des paiements sous forme forfaitaire pour couvrir les coûts des agriculteurs », poursuit Elli Tsiforou, directrice générale de Gaya Epierine, entreprise grecque novatrice connue pour développer un système d’agriculture intelligente intitulé Gaia sense. Toutefois, celle-ci explique que « le chemin est encore long car la communauté agricole est très faiblement sensibilisée sur les innovations disruptives. Aujourd’hui, les agriculteurs ont besoin de garanties pour adopter de nouvelles pratiques mais pour cela, il est crucial qu’ils ouvrent leur esprit et qu’ils gagnent en confiance, condition essentielle pour la bonne exécution de cette agriculture intelligente. Et enfin, il faut aussi améliorer la formation des conseillers ainsi que l’interconnexion avec les autres acteurs du système d’innovation et de connaissance agricole ».
Les experts estiment aussi que l’architecture verte et les éco-régimes du premier pilier prévus pour la nouvelle Pac constituent un cadre institutionnel adapté pour stimuler les innovations conçues avec et pour les agriculteurs. Pour démocratiser l’accès à cette agriculture intelligente, le réseau PEI-AGRI (Partenariats Européens pour l’Innovation) lancé en 2012 par la Commission européenne, vise à optimiser les mises en relation au sein de groupes opérationnels, à la fois entre les chercheurs, les agriculteurs, les entités publiques, les membres du monde de l’éducation, les ONG afin qu’ils imaginent et développent collégialement les innovations agricoles de demain.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une agriculture intelligente pour améliorer la durabilité du secteur agricole
Grâce au développement d’une agriculture intelligente, il est possible aujourd’hui de réduire les coûts de production, d’augmenter la productivité ainsi que la qualité des produits avec moins de résidus tout en luttant contre les risques environnementaux tels que la désertification, les déséquilibres écologiques et la sécheresse. C’est ce que montre l’expérience de deux années de mise en pratique du système d’agriculture intelligente Gaia sense, développé par l’entreprise grecque Gaya Epierine, qui a pour but de donner des conseils intelligents en termes de fertilisation, d’irrigation et de protection des cultures. Selon sa directrice générale, Elli Tsiforou, « grâce à la collecte, l’assemblage et l’analyse de données agricoles sur la base de modèles de culture, nous avons pu réduire de 63,4 % l’utilisation de produits phytosanitaires pour l’olive, de 45 % l’utilisation de l’eau pour le coton et de 65 % l’utilisation d’engrais pour les pêches de table, tout en augmentant de 18 % la productivité pour le coton ».