Les régions françaises productrices de lin fibre ont annoncé songer à un fonds stratégique d’investissement pour accompagner la croissance « spectaculaire » de la filière.
À l’occasion de la conférence de presse de l’Alliance du lin et du chanvre européens du 21 mars, les présidents de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand et de la région Normandie, Hervé Morin, ont annoncé le lancement d’une réflexion autour d’un « fonds stratégique ». Il doit « permettre à l’ensemble des producteurs et industriels de bénéficier d’un écosystème favorable » pour produire du lin fibre dans les régions productrices de France. Tous deux ont exprimé la volonté d’associer à cette démarche la Bretagne et le Grand-Est, elles aussi engagées dans cette filière (fibre et textile). Ce futur fonds stratégique étant encore à l’état d’ébauche, aucun détail n’a pu être donné, notamment sur les éventuels montants qui seront proposés.
Si les élus régionaux misent sur la fameuse fibre longue de lin, c’est que sa production s’est développée de « manière spectaculaire » ces dix dernières années en Europe, rapporte l’Alliance du lin et du chanvre européens. Trois quarts de la production mondiale de fibres longues de lin provient d’Europe de l’ouest dont 80 % sont produites en France. Quant aux surfaces, elles ont connu une hausse de 133 % entre 2011 et 2020. « Beaucoup de jeunes agriculteurs et agricultrices souhaitent aller vers cette filière de production », relève par ailleurs Guillaume Hemeryck, agriculteur et président de la coopérative Terre de Lin.
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Un intérêt pour les fibres naturelles
Ce marché « en croissance » est soutenu par l’intérêt des consommateurs pour les fibres naturelles, souligne Céline Choain, associée senior au sein du cabinet de conseil en stratégie Kea & Partners. En 2022, le cabinet a mené une étude pour le compte de l’Alliance du lin et du chanvre européens, avec le soutien de la région Normandie. L’objectif étant d’établir une cartographie de la filière mais aussi définir des scénarios de développement du lin fibre certifié « European Flax ».
Parmi les thématiques prioritaires de la filière européenne pour asseoir son leadership figure notamment l’élaboration d’un « référentiel commun de description des qualités des fibres » selon quatre critères (couleur, longueur, propreté, épaisseur des fibres). S’appuyant sur l’imagerie optique et l’intelligence artificielle, ce cadre de référence sera à l’essai dans des usines de teillage pilotes dès 2023, et ce pour une durée de trois ans, a précisé Sophie Mayer, secrétaire générale de la Fédération des coopératives lin et chanvre. L’objectif étant de « fiabiliser ce modèle ».