En ces temps de crise économique, quand les marchés matures piétinent, les marchés émergents font figure d’eldorado. C’est le cas de l’Inde, où la consommation de produits alimentaires devrait doubler d’ici 2011, à un rythme de croissance annuel de 20 à 30 % par an selon les estimations. Ces derniers mois les géants mondiaux de l’agroalimentaire ou des boissons n’ont pas lésiné sur les annonces d’investissement. Symptomatique de cet intérêt est le cas du britannique Cadbury qui domine largement le marché local de la confiserie-chocolaterie et veut faire du pays un exportateur de cacao en 2016. Par comparaison, la présence française dans cet état fédéral grand comme 6 fois la France paraît modeste. C’est que ce marché est complexe. Les taxes à l’importation y sont élevées (161% pour le vin au niveau national). Et les habitudes de consommation évoluent mais lentement. Quelles sont les réelles perspectives de croissance du marché indien ? Quels sont les principaux groupes locaux ? Quelles sont les précautions à prendre avant d’aborder un tel marché ? Revue de détail, avec l’étude de BMI (Business Monitor International) sur le quatrième trimestre 2009.
En dépit du ralentissement de l’économie indienne et de son impact sur le moral des ménages, nombre d’opérateurs, locaux ou internationaux, continuent de croire au potentiel offert par ce marché (le deuxième au monde) de 1, 1 milliard d’habitants et programment d’importants investissements. Dans l’agroalimentaire, c’est le cas en particulier de Coca-Cola et de PepsiCola, qui se livrent une bataille rangée sur les prix, d’Hershey qui s’est allié avec Godrej Industries, de Heineken qui vient de clarifier ses liens avec United Breweries, ou encore de l’italien Ferrero qui construit une usine dans le Maharastra (Etat de Bombay). En 2009, PepsiCo India a investi l’équivalent de 220 millions de dollars pour augmenter ses capacités de production.
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Certes les leaders de l’industrie agroalimentaire en Inde, les Hindustan Unilever, les United Breweries, les Tata Tea, les Nestlé India, les Godrej Industries (voir classement ci-après) ne s’adressent pas à la totalité de la population indienne qui vit, souvent, en dessous du seuil de pauvreté dans les zones rurales (75%). Pour donner une comparaison avec la Chine, le PIB par habitant, ramené au niveau de vie local, s’élève à 2886 dollars (contre 5870 dollars en Chine). En réalité, les majors de l’industrie visent la « classe moyenne » émergente, installée dans les grandes villes comme Mumbai (Bombay), Delhi, Calcutta, Bangalore ou Chennai. Ce marché est estimé à 300 millions de consommateurs. Ceux-ci sont pour la plupart jeunes (le tiers de la population a moins de 15 ans), et ils découvrent petit à petit d’autres modes de consommation.