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Marchés extérieurs L'Inde, un potentiel de développement important en viande bovine

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L'Inde s'impose comme le premier exportateur de viande bovine au niveau mondial en 2014, avec seulement 12% de son cheptel abattu. Pourtant, tout n'est pas si simple dans la filière viande bovine indienne. Petit tour d'horizon à la suite d'une intervention de Marie Carlier, chef de projet à l'Idele, le 4 juin.

Une matière première non limitante, des entreprises aux investissements modernes et une forte croissance de la production, tous les indicateurs sont au vert pour que l'Inde continue le développement de ses exportations de viande bovine. Tel est le constat de l'Institut de l'élevage, lors de sa journée sur les marchés mondiaux de la viande bovine du 4 juin. En 2014, ce sont 37 millions de bovins qui ont été abattus en Inde, soit 12% du cheptel ou 4,1 millions de tonnes équivalent carcasse (+8% par rapport à 2013). L'Inde exporte principalement de la viande de buffle découpée, désossées, congelés et halal vers le Moyen-Orient, le Turkménistan, la Malaisie ou encore le Vietnam, porte d'entrée vers la Chine. Il subsiste cependant quelques freins à son fort développement comme un contexte politique incertain, des risques sanitaires avérés, une fragmentation des approvisionnements ou encore des disponibilités en fourrage limités. « Il n'existe pas de réelle politique publique pour la filière viande dans le pays », note Marie Carlier, chef de projet à l'Idele.

Des marges de progression importante

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L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde, où 60% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. L'agriculture emploie encore la moitié de la population active et possède le premier cheptel bovin au monde. Les femelles sont utilisées pour le lait et les mâles pour la traction dans les travaux des champs et le transport de marchandises. L'interdiction religieuse d'abattre les femelles reste très prégnante, avec 81% de la population pratiquant l'Hindouisme. Dans certains Etats, il est même interdit d'abattre les bovins sous peine d'amendes et/ou de peines d'emprisonnement. Ce sont donc des industriels privés musulmans qui ont initié l'abattage, la découpe et l'export de viande bovine. Les outils de production sont plutôt « récents, modernes et de grande taille », selon Marie Carlier. Certains abattoirs abattent de 1 000 à 4 000 animaux par jour avec un taux d'utilisation de 50 à 60%, ce qui laisse dire à Marie Carlier, que « les marges de progression sont importantes ». Avec un coût de fonctionnement des abattoirs réduit notamment grâce à une main d'œuvre bon marché, un prix à la production faible et un taux de change favorable aux exportations, la viande indienne défie toute concurrence.