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Nutrition/Santé L'industrie alimentaire belge réduit la quantité de sel dans ses plats préparés

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La Fédération de l'industrie alimentaire en Belgique (Fevia) et la Fédération de commerces et de services (Comeos) viennent d'annoncer des résultats encourageants en ce qui concerne leurs programmes volontaires de diminution de la teneur en sel dans les produits alimentaires qu'ils fabriquent. C’est surtout dans les produits à base de viande (de -16% à - 36%), diverses sortes de pain (-22%), les soupes déshydratées (-17%), les plats préparés (de -15% à -29%) et les fromages (de -7,5% à -20%) que la diminution serait la plus perceptible. L'excès de sel est réputé favoriser les maladies cardio-vasculaires (1).

En Belgique, la diminution de la teneur en sel dans les produits alimentaires « est le résultat d’une concertation réussie entre l’industrie alimentaire belge, la grande distribution et le ministère de la Santé publique et de la Sécurité de la chaîne alimentaire dans le cadre du plan fédéral Nutrition Santé », explique Chris Moris, le porte-parole de la Fevia. Selon lui, la diminution s’est faite de façon progressive « afin que les consommateurs ne la remarquent pas ». Et les résultats seraient plutôt encourageants. Ainsi entre 2004 et 2012, la diminution de la teneur en sel aurait oscillé entre 16 et 36 % pour les charcuteries, entre 8 et 28 % pour les préparations de viande, d'environ 22 % pour le pain et les céréales, de 9 à 29 % pour les sauces, de 4 à 27 % pour les potages liquides, d'environ 17 % pour les potages en poudre et de 7,5 à 20 % pour les fromages (2). La Fédération de l’industrie alimentaire (Fevia) et la Fédération de commerces et des services (Comeos) soulignent qu'elles se sont engagées sur une base volontaire pour la réduction du sel dans les produits alimentaires qu’ils fabriquent. A la demande toutefois du ministère belge de la Santé publique, qui depuis 2009 a développé une Stratégie globale pour la réduction du sel auprès de la population. Cette stratégie ne concerne pas seulement la concertation avec l’industrie alimentaire, les boulangers, le secteur Horeca (hôtels-restaurants-cafés) mais également la sensibilisation du grand public, par exemple avec la campagne « Stop le sel » menée à la télévision, sur des affiches et dans des magazines grand public.
 
Etude quantitative publique
Le ministère de la santé publique belge envisage dans les prochains mois de réaliser une étude quantitative sur la consommation de sel de la population via des analyses sur l’urine pour voir les effets de sa stratégie sur la quantité de sel effectivement ingérée. Du 23 au 29 septembre 2013, la Ligue cardiologique belge organise la « Semaine du Coeur ». Le thème de cette année est « mieux manger et mieux bouger pour le plaisir et le cœur » en rappelant que des petits choix au quotidien dont la réduction de sel ont de grands effets sur la santé de notre cœur.
 
Nécessaire reformulation des produits alimentaires
Depuis 2005, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), communique sur la nécessité de réduire la consommation de sel. Même si à ce jour, l’EFSA n’a pas recommandé de consommation chiffrée, elle constate néanmoins que la consommation journalière de sodium (3 à 5 g de sodium, environ 8 à 11 g de sel) de la plupart des Européens est « largement supérieure à la dose journalière recommandée par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et que 70 à 75 % de la consommation totale de sodium se trouvent dans les aliments transformés. Elle précise que les niveaux actuels de consommation de sodium sont associés directement à une augmentation de la tension artérielle, un facteur de risque de maladies cardio-vasculaires et rénales. Le Groupe de haut niveau de la Commission européenne sur la nutrition et l'activité physique suit de près la question de la réduction de la consommation de sel et a déjà invité les Etats membres à promouvoir des actions de reformulation des aliments afin de réduire leur teneur en sel, en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres ajoutés ainsi que leur densité énergétique étant donné le rôle que ces éléments jouent dans le développement de maladies chroniques et d'obésité.
 
Rôle central de l'étiquetage
De leur côté, les ministres européens chargés de la santé et de la protection des consommateurs incitent également producteurs et fournisseurs du secteur alimentaire à mettre l'accent sur la reformulation des produits afin d'obtenir la réduction la plus forte possible de la teneur en sel des aliments et des repas commercialisés. Ils insistent aussi sur le rôle important que joue l'étiquetage des aliments pour ce qui est de fournir aux consommateurs des informations « visibles, claires et faciles à comprendre », leur permettant de choisir des produits à moindre teneur en sel. Ils prennent acte à cet égard de ce que le Groupe de haut niveau de la Commission sur la nutrition et l'activité physique a décidé d'employer, plutôt que le terme « sodium » préféré par les industriels, le terme « sel » qui est « plus intelligible et qui constitue la forme principale sous laquelle le sodium est ajouté aux aliments ». Les ministres se sont également engagés à assurer le suivi des actions menées en matière de reformulation des produits, de sensibilisation du public et de consommation de sel dans la population, afin non seulement de pouvoir procéder régulièrement à l'évaluation de ces actions et adapter les politiques et mesures entreprises mais également de diffuser largement les bonnes pratiques recueillies dans les différents Etats membres.
 
(1) Les maladies cardiovasculaires seraient à l'origine de près de la moitié de la mortalité globale, soit 42 % dans l'UE, et que le coût total des maladies cardiovasculaires aurait atteint 192 milliards d'euros dans l'UE en 2006.
(2) La Fevia explique ainsi ces écarts : « Etant donné que les chiffres peuvent varier en fonction de la corbeille de produits considérée lors du calcul, certains chiffres fluctuent endéans une certaine marge. Comme il est difficile d’attribuer la part de marché des différents produits par marque, il est impossible de calculer un chiffre précis ».

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